Chez EELV, la pression monte contre Julien Bayou, accusé de "violences morales" sur son ex-compagne

Julien Bayou, à la Fête de l'Humanité, le 10 septembre 2022. - THOMAS SAMSON / AFP
Julien Bayou, à la Fête de l'Humanité, le 10 septembre 2022. - THOMAS SAMSON / AFP

Julien Bayou peut-il tenir? Visé par un signalement auprès de la cellule d’enquête contre les violences sexistes et sexuelles d'Europe-Écologie-Les-Verts , deux membres du bureau exécutif du parti lui ont demandé de se mettre en retrait de la direction du mouvement. Le député a, pour l'instant, refusé, d'après des informations du Parisien, confirmées par BFMTV.

"Nous lui demandions pour l'intérêt pour l'intérêt des écologistes qu'il se mette transitoirement en retrait. Il ne nous a répondu et a fait la sourde oreille", raconte à BFMTV Alain Coulombel, l'un des membres exécutif du bureau.

"Se mettre de lui-même en retrait"

Ce mardi, cet organe qui réunit la direction du parti se rencontrait pour discuter notamment de la situation de Julien Bayou. La veille, Sandrine Rousseau avait formulé sur un plateau de télévision des accusations de "comportements de nature à briser la santé morale des femmes".

L'ancienne finaliste de la primaire expliquait notamment avoir "reçu longuement" chez elle une ex-compagne "très déprimée" du secrétaire national du parti. La députée avait encore assuré qu'elles étaient "manifestement plusieurs" femmes à être concernées par ces comportements, évoquant une "enquête journalistique en cours".

Ce même jour, la mise en retrait de Julien Bayou de la co-présidence du groupe écologiste à l'Assemblée nationale était actée lors de la réunion des députés à l'Assemblée nationale. Mais une partie du bureau exécutif voulait aller beaucoup plus loin en souhaitant son retrait de la tête du mouvement.

"Je lui ai réitéré (...) qu’il devrait se mettre de lui-même en retrait du poste de secrétaire national pour EELV, pour l’écologie politique, et pour qu’il puisse assurer une défense sereine en dehors de toute pression", explique également Géraldine Boÿer, déléguée à la communication du parti.

"La situation est d'heure en heure plus lourde"

Les arguments n'ont pas convaincu Julien Bayou, qui n'aurait "pas répondu", avant "d'enchaîner sur autre chose", rapporte encore l'écologiste.

Géraldine Boÿer avait pourtant bien tenté de convaincre en interne, en envoyant un message sur une boucle Whatsapp des instances dirigeantes.

"La situation est d’heure en heure plus lourde, notamment vis-à-vis de mouvements féministes. Je lui ai demandé cette mise en retrait à quatre reprises depuis le début de l'affaire", peut-on y lire.

"Un demi retrait, ça n'existe pas"

D'autres pointent également l'incohérence de la situation, jugeant intenable le retrait de la présidence du groupe à l'Assemblée nationale tout en restant numéro un du parti.

"Un demi retrait ça n’existe pas. Pourquoi il se retirerait d’un certain endroit et pas de l’autre?", se demande Henri Arevalo, le président du conseil fédéral d'EELV.

La pression semble s'accentuer sur Julien Bayou ces derniers jours, alors qu'Adrien Quatennens, également dans la tourmente depuis qu'il a reconnu avoir giflé sa femme, s'est mis en retrait de son poste de coordinateur de La France insoumise et de "son travail parlementaire".

"EELV continue son travail d'enquête"

Dans les colonnes du Figaro en juillet dernier, l'élu parisien assurait qu'il serait interrogé par la commission interne du parti "dans les meilleurs délais sur ce qui ne constitue en rien des violences sexistes ou sexuelles ni des comportements inappropriés envers quiconque".

"Il s'agit malheureusement d'une histoire qui se termine dans la souffrance, et d'une rupture qui s'accompagne de menaces à peine voilées à mon endroit et d'une forme d'instrumentalisation que je ne peux que déplorer", se défendait-il encore.

Dans un communiqué de presse publié mardi, EELV assurait "continuer son travail d'enquête", avançant que "lorsque (des conclusions) seraient portées à sa connaissance", "le parti "suivrait les recommandations de la cellule".

Article original publié sur BFMTV.com