Cette chercheuse allemande a passé sa vie à étudier les sociétés matriarcales, voici ce qu'elle a découvert

Annabel Benhaiem
Membre de la communauté des Newar au Népal, prenant part à une procession à Katmandou, la capitale, pour célébrer le jour du Jyapu, qui équivaut à la fin des récoltes, en décembre 2016.

FEMMES - Les sociétés matriarcales ont leur bible. La philosophe et chercheuse allemande Heide Goettner-Abendroth publie jeudi 19 septembre la version française de son livre: “Les sociétés matriarcales. Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde”, aux éditions Des femmes Antoinette Fouque.

Cet ouvrage sorti en 2010 en Allemagne et en 2012 dans le monde anglo-saxon fait un état des lieux inédit des sociétés matriarcales dans le monde. Il mêle terrain et théorie sur un sujet peu prisé des ethnologues. Il s’appuie sur des études scientifiques, de la documentation ethnologique et archéologique.

Heide Groettner-Abendroth a 78 ans, elle a consacré sa vie à l’étude de chacune de ces populations, a publié huit ouvrages sur le matriarcat, sans compter les trois tomes et deux mises à jour de son livre “Le matriarcat”, entre 1989 et 1999.

Elle a vécu auprès des Mosuo de Chine, à leur invitation. Elle a compilé les articles scientifiques de ses collègues, par exemple sur les femmes de Juchitan, au Mexique. Elle décrit en détail la vie des Khasi d’Inde, des Newar du Népal, des nombreux Minangkabau d’Indonésie, des Iroquois d’Amérique du Nord, des Touaregs, et leur vulnérabilité actuelle. Elle a lutté pour élever ce pan de l’ethnologie au rang de matière scientifique. 

Livre militant

Selon la philosophe, les sociétés matriarcales auraient précédé le patriarcat. Celle qui a fondé sa propre université -l’Académie internationale Hagia pour les recherches matriarcales modernes- parce qu’elle ne tolérait pas la domination masculine en vigueur dans les institutions classiques, est très engagée sur la question. Sa vision n’est pas neutre, elle le revendique. 

Le travail de fourmi de cette féministe de la première heure, docteure en philosophie des sciences et enseignante en philosophie pendant dix à l’université de Munich, a été maintes fois salué. Et en 2005, elle a été sélectionnée par le programme international “1000 femmes de paix à travers le monde”, comme candidate...

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