Ces chercheurs veulent l'aide des extraterrestes pour sauver le climat sur la Terre

·4 min de lecture
La Goonhilly Earth Station en Grande-Bretagne ici photographiée lors de la visite de Boris Johnson en novembre 2019 (Photo: DAN KITWOOD via AFP)
La Goonhilly Earth Station en Grande-Bretagne ici photographiée lors de la visite de Boris Johnson en novembre 2019 (Photo: DAN KITWOOD via AFP)

La Goonhilly Earth Station en Grande-Bretagne ici photographiée lors de la visite de Boris Johnson en novembre 2019 (Photo: DAN KITWOOD via AFP)

ESPACE - Une nouvelle bouteille à la mer. Voilà ce que compte entreprendre le METI International. Ce groupe de scientifiques, sociologues, historiens, anthropologues et artistes a pour conviction commune que l’humanité gagnerait à envoyer des messages vers les étoiles plutôt que d’attendre de recevoir un message des extraterrestres.

Ainsi, un signal radio conçu pour attirer l’attention des extraterrestres sur la crise climatique de la Terre sera transmis au système planétaire TRAPPIST-1. Ce message sera diffusé par la station terrestre satellite de Goonhilly, dans les Cornouailles en Grande-Bretagne le 4 octobre prochain, dans le but de coïncider avec le début de la Semaine mondiale de l’espace, qui a pour thème cette année “Espace et durabilité”.

Illustration de la surface de l'exoplanète TRAPPIST-1f, située dans le système TRAPPIST-1. (Photo: NASA via Getty Images)
Illustration de la surface de l'exoplanète TRAPPIST-1f, située dans le système TRAPPIST-1. (Photo: NASA via Getty Images)

Illustration de la surface de l'exoplanète TRAPPIST-1f, située dans le système TRAPPIST-1. (Photo: NASA via Getty Images)

Le choix du système TRAPPIST-1 pour envoyer ce message réside dans le fait qu’il abrite sept mondes rocheux en orbite autour d’une étoile naine rouge. Plusieurs des planètes de ce système pourraient alors être habitables, notamment la planète “e”. Située à 39 années-lumière, il faudra patienter au moins 78 ans avant d’avoir une potentielle réponse au message envoyé par le METI.

Représentations artistiques des sept planètes du système TRAPPIST-1. (Photo: NASA/JPL-Caltech/R. Hurt, T. Pyl)
Représentations artistiques des sept planètes du système TRAPPIST-1. (Photo: NASA/JPL-Caltech/R. Hurt, T. Pyl)

Représentations artistiques des sept planètes du système TRAPPIST-1. (Photo: NASA/JPL-Caltech/R. Hurt, T. Pyl)

Contacter d’autres formes de vies

Cette diffusion ne sera pas une première. En effet, un message a déjà été envoyé par METI International en 2018, nommé Sónar Calling (il avait été envoyé en conjonction avec le festival de musique Sónar à Barcelone). Par ailleurs, d’autres transmissions interstellaires ont eu lieu. On peut citer notamment le célèbre message Arecibo de Frank Drake envoyé en 1974 à destination de l’amas d’Hercule à 22.000 années-lumière de distance.

La nouveauté de ce message réside dans le fond, à savoir la crise climatique. Le thème de l’environnement sera illustré par de la musique ainsi que par des informations scientifiques. En effet, METI International s’est associé au festival de musique (à but non lucratif) Stihia, en Ouzbékistan, qui vise à sensibiliser le public à l’assèchement de la mer d’Aral.

Les organisateurs du festival ont alors choisi les musiques du message, qui comprend des morceaux tels que “Beauty of the Earth” du pionnier de la musique électronique soviétique Eduard Artemyev. Le message comportera également des données scientifiques, comme ce tableau périodique des éléments traduit au format binaire.

Le message comprend cette représentation du tableau périodique des éléments montrant les éléments chimiques classés selon leur numéro atomique et codés dans un format binaire. (Photo: Douglas Vakoch/METI International)
Le message comprend cette représentation du tableau périodique des éléments montrant les éléments chimiques classés selon leur numéro atomique et codés dans un format binaire. (Photo: Douglas Vakoch/METI International)

Le message comprend cette représentation du tableau périodique des éléments montrant les éléments chimiques classés selon leur numéro atomique et codés dans un format binaire. (Photo: Douglas Vakoch/METI International)

L’objectif de ces messages est de contacter une potentielle forme de vie, qui serait plus avancée que la nôtre. Pour les chercheurs, il est en effet probable que la vie extraterrestre soit technologiquement bien plus avancée que les humains puisque l’univers a 13,8 milliards d’années et que nous ne sommes que de nouveaux venus.

Pour le METI, cette différence d’âge est motif d’espoir, car si une espèce extraterrestre a réussi à survivre pendant des millions, voire des milliards d’années, les experts supposent qu’elle a depuis longtemps résolu tous ses problèmes climatiques.

Un envoi qui ne fait pas l’unanimité

L’envoi de ce nouveau message ne fait pas l’unanimité, loin de là. Tout d’abord il y a le SETI (Search for Extraterrestrial Intelligence), contraire du METI (Messaging Extraterrestrial Intelligence) pour qui il faut rechercher plutôt qu’envoyer. En effet, les chances qu’un tel message trouve preneur sont quasi-nulles.

C’est ce qu’estime Jean Schneider, astronome au CNRS: “La chance d’une réponse est extrêmement faible”. D’abord, car c’est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais aussi car “même si on utilise un langage mathématique, cela reste anthropomorphe. On ne sait pas quelle pourrait être la psychologie, la science” d’éventuels extraterrestres, précise-t-il.

Par ailleurs, rien ne permet d’affirmer que si un message réussi par chance à être reçu, les formes de vies ne nous seront pas hostiles. En effet, si nous envoyons des messages dans l’espace, nous signalons notre présence à de potentielles civilisations avancées, sans rien savoir d’elles. Et si des formes de vie à la technologie avancée envahissaient notre monde en remontant à l’origine du message? C’est un peu ce que redoute Stephen Hawking.

Dès lors, l’envoi d’un tel signal devrait faire l’objet d’un débat citoyen et ne pas être simplement décidé par “un petit groupe de scientifiques” selon l″astrobiologiste Dirk Schulze-Makuch. Le fondateur du METI, Douglas Vakoch, est partiellement d’accord et aimerait que l’ONU “mette en place une grande discussion internationale sur la question”.

À voir également sur Le HuffPost: La “Lune rose” n’était pas vraiment rose et a fait des déçus

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

LIRE AUSSI:

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles