Des chercheurs ont réactivé des fonctions du cerveau de cochons morts

Grégory Rozières

SCIENCE - Après le monstre de Frankenstein, le cochon de Frankenstein? Ce mercredi 17 avril, des chercheurs ont annoncé avoir réussi à restaurer certaines fonctions du cerveau de cochons morts quatre heures plus tôt. L’organe a été conservé en dehors du corps et alimenté par un système de perfusion de sang artificiel.

Pour autant, on ne peut pas (du tout) parler d’un cochon ressuscité. “Ce n’est pas un cerveau vivant, mais c’est un cerveau cellulairement actif”, ont expliqué les auteurs de l’étude, parue dans la revue Nature. “Nous ne savons pas si nous pourrons un jour restaurer des fonctions cérébrales classiques. Ce n’était pas le but de ces travaux et cette technologie ne peut pas servir à cela pour le moment”, précisent-ils d’emblée.

Cette prouesse technique repousse les limites de nos connaissances du vivant, ouvre la voie à de nouvelles recherches et pose aussi de vraies questions éthiques.

“On pensait que les cellules mourraient en quelques minutes”

Pour réaliser leur étude, les chercheurs ont utilisé des têtes de cochons d’élevage, au moment de leur mise à mort à l’abattoir. Après 4 heures de transport, le cerveau était ensuite branché à un système de perfusion de sang artificiel inventé par les chercheurs et baptisé BrainEx.

Durant 6 heures, la tête des cochons a donc été reliée à ce système. Et le résultat, c’est que les chercheurs ont remarqué que certaines fonctions des cellules du cerveau étaient maintenues. Mieux: certaines ont été restaurées.

Il faut bien comprendre que c’est quelque chose que l’on n’imaginait pas auparavant. “On ne sait pas exactement ce qui arrive au cerveau lors de la mort. On pensait que les cellules du cerveau mourraient en quelques minutes”, expliquent les auteurs.

Pour autant, “à aucun moment nous n’avons observé d’une activité électrique globale associée à la perception, la conscience ou des fonctions cérébrales pouvant entraîner une souffrance involontaire”, expliquent les auteurs dans l’étude. “Les comités éthiques n’ont même...

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