Des chercheurs parviennent à observer les dessous du "glacier de l'Apocalypse"

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Grâce à l'utilisation d'un sous-marin autonome, une équipe de chercheurs de l'Université de Göteborg est parvenue à observer les dessous du glacier Thwaites, parfois surnommé le "glacier de l'Apocalypse". Ils ont trouvé une circulation de chaleur bien plus élevée que prévu, indiquant une accélération de la fonte à venir.

Dans une étude publiée dans la revue le 9 avril 2021, une équipe de chercheurs dirigée par l’Université de Göteborg a pu observer par le biais d'un robot sous-marin autonome, Ran, l'eau qui circule sous le glacier Thwaites, dont la fonte s'accélère chaque année. Les données révèlent une circulation d'eau chaude bien plus importante que ce qu'estimaient les dernières mesures effectuées en 2019.

Le glacier Thwaites, clé de voûte de l'Ouest Antarctique : s'il fond, les autres suivent

La fonte du glacier de l'Ouest Antarctique est responsable actuellement d'environ 10 % de l’élévation du niveau de la mer, et les variations les plus rapides dans le rythme de fonte se font dans le glacier Thwaites. Colosse de 120 kilomètres de large, 600 kilomètres de long et 3 kilomètres de profondeur, il contribue à lui seul pour 4% de la hausse annuelle du niveau de l'eau. Avec une superficie équivalente au tiers de la France, sa fonte totale causerait une hausse du niveau des mers de 65 centimètres.

La mer et l’atmosphère se réchauffent petit à petit, ce réchauffement climatique accélère la fonte du glacier, mais dans la partie occidentale, l'accélération est plus forte, du fait de l'infiltration de l'eau de mer sous les glaciers. En effet, la couche de glace de l'Ouest Antarctique repose en dessous du niveau de la mer, contrairement aux glaciers situés dans la partie orientale.

Surnommé "doomsday glacier" ou le "glacier de l’apocalypse", le glacier de Thwaites sert de pilier pour de nombreux autres glaciers, car il fait barrière avec l'océan. Sa ligne d'ancrage, soit l’endroit où, sous l’eau, la glace se décroche du sol rocheux pour se mettre à flotter, recule actuellement de 500 mètres par an. Si le glacier s'effondre, cela pourrait déclencher une réaction en chaîne : le niveau de la mer s'élèverait, augmentant les infiltrations d'eau, qui feraient fondre les autres glaciers, faisant s'élever à nouveau le niveau de l'eau, et ainsi de suite. Le pire scénario étant une fonte de tout[...]

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