"Chercher des alliances ponctuelles est possible": Borne défend un accord avec Les Républicains

"Chercher des alliances ponctuelles est possible": Borne défend un accord avec Les Républicains
Elisabeth Borne le 31 octobre 2022 à l'Assemblée nationale  - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP
Elisabeth Borne le 31 octobre 2022 à l'Assemblée nationale - Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Le service après-vente des propos du président. Emmanuel Macron a affirmé, lors d'une interview sur France 2 la semaine dernière, "souhaiter "une alliance" parlementaire avec Les Républicains. Souvent vue comme issue de l'aile gauche de la majorité, Élisabeth Borne défend cette vision présidentielle.

"Chercher des accords ou des alliances ponctuelles est possible et nous nous y employons", a assumé la Première ministre dans les colonnes de Paris Match ce mercredi.

Les LR, objet de toutes les convoitises

Cette tentative d'amener la droite dans le giron de la majorité présidentielle est loin d'être nouvelle. En juin, au lendemain de l'élection de 252 députés de la majorité présidentielle, loin des 289 nécessaires pour s'assurer de pouvoir de faire voter les textes portés lors de la campagne, Emmanuel Macron lance des pourparlers à l'Élysée avec l'ensemble des groupes parlementaires.

Mais ce sont bien les LR et leurs 62 députés qui sont l'objet de toutes les convoitises, à nouveau rencontrés par Élisabeth Borne quelques jours plus tard, puis une nouvelle fois à la rentrée et une autre avant l'examen du budget en 2023. Sans grand succès, jusqu'ici.

"Tous (les groupes) ont dit non", rappelle encore la Première ministre auprès de l'hebdomadaire, dont la droite.

La droite, indispensable pour faire voter les textes

Mais le parti de la rue de Vaugirard a donné de nombreux signes au gouvernement, permettant à l'exécutif de croire encore à un éventuel rapprochement. Lors du dépôt des motions de censure de la Nupes et du RN, après les 49.3 activés par la Première ministre, les LR s'abstiennent, refusant de "rajouter du chaos au chaos".

De quoi donner de l'espoir à Emmanuel Macron, qui n'a quasiment aucune chance de faire passer l'allongement de l'âge de départ à la retraite à 65 ans sans les voix de la droite. Hors textes budgétaires, l'exécutif ne peut recours qu'à un seul 49.3 par session parlementaire. Autant dire que si le président veut également parvenir à faire adopter ses projets de loi sur l'immigration ou sur les énergies renouvelables, il doit s'assurer à tout prix de leur soutien.

"Un chemin avec les LR, qui ont toujours porté une réforme des retraites, est possible, cela permettrait d’éviter un 49.3", remarque d'ailleurs l'ancienne ministre du Travail.

Mais, tout en mettant donc ses pas dans ceux de l'Élysée, Élisabeth Borne fait également entendre sa propre partition.

"Là pour trouver un chemin"

Là où Emmanuel Macron a dénoncé vivement "le désordre" et le "cynisme" de la Nupes, dénonçant "une coalition baroque", la Première ministre met de l'eau dans son vin.

"Beaucoup de sujets auxquels notre pays est confronté n’ont été anticipés ni par les idéologies de droite, ni par celles de gauche. Je suis là pour trouver un chemin et porter des réformes indispensables", avance ainsi la locataire de Matignon.

Le président n'hésite pas, lui, à piocher dans les idées des LR. Pour résoudre la question des déserts médicaux, Emmanuel Macron a ainsi évoqué ce mercredi soir la possibilité de faciliter l'exercice des médecins retraités... Une proposition du député LR Philippe Juvin, jusqu'ici rejetée par la majorité présidentielle.

Article original publié sur BFMTV.com