Les chefs de la cour d'appel d'Aix-en-Provence appellent les magistrats à ne pas se résigner

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Magistrats (photo d'illustration) - REMY GABALDA © 2019 AFP
Magistrats (photo d'illustration) - REMY GABALDA © 2019 AFP

"Ne pas céder au découragement!", "faire preuve de ténacité": les chefs de la cour d'appel d'Aix-en-Provence, la deuxième de France, ont encouragé vendredi les milliers de magistrats ayant exprimé leur "souffrance" face au manque de moyens à ne pas se résigner.

"Souffrance"

Dans une tribune intitulée "Nous ne voulons plus d'une justice qui n'écoute pas et qui chronomètre tout", "les jeunes générations de magistrats ont exprimé, en des termes marqués de l'authenticité, la souffrance qu'ils ressentaient à devoir s'inscrire dans une justice d'abattage, la honte qu'ils avaient à travailler avec des moyens dont la précarité n'est pas à la hauteur de leur mission", a souligné la procureure générale Marie-Suzanne Le Quéau.

"Ils sont, dès leur premier poste, placés dans des logiques contradictoires: juger vite mais mal ou juger bien mais dans des délais inacceptables", a ajouté la procureure générale qui a reçu, avec le premier président de la cour d'appel, sur la base du volontariat, les magistrats ayant signé cette tribune publiée le 25 novembre dans Le Monde, pour "les écouter".

Rappelant que selon des chiffres de la commission européenne pour l'efficacité de la justice (Cepej), la France est à la traîne avec trois procureurs pour 100.000 habitants quand la moyenne européenne est de 11,25, elle a estimé que même si "le garde des Sceaux a obtenu une augmentation du budget inespérée ces deux dernières années", cet écart est à "réduire".

"Plutôt que de rester spectateur résigné face à cette situation dégradée dont la jeune génération de magistrats paie aujourd'hui le prix fort par le sacrifice de sa vie privée, le corps judiciaire doit dire sa vision de ce que doit être la justice", a-t-elle insisté.

"Ne pas céder au découragement"

Une forme d'appel implicite aux candidats à l'élection présidentielle pour qu'ils entendent les demandes et besoins de ceux qui rendent la justice au quotidien.

"Il ne faut pas s'attendre à ce que le gouvernement actuel prenne des engagements supplémentaires (...), il faudra voir former un nouveau gouvernement pour reprendre les discussions, mais nous savons que le manque d'effectifs est un sujet structurel auquel il faudra remédier sur le long terme", a insisté la procureure générale.

Elle a aussi appelé les députés et sénateurs à cesser de voter des réformes législatives "incessantes" qui rendent les "codes illisibles et incohérents" et donnent aux magistrats le sentiment "d'être sur du sable mouvant".

"Que faire? D'abord et avant toute chose, ne pas céder au découragement!", a de son côté lancé à l'adresse des jeunes magistrats Renaud Le Breton de la Vannoise, premier président de cette cour d'appel dont les tribunaux rendent la justice sur un territoire de 4,4 millions d'habitants dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, que ce soit en matière de lutte contre les violences intrafamiliales, de grande criminalité d'environnement ou de droit social.

Article original publié sur BFMTV.com

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