Je suis chef de service dans un grand hôpital public et voici pourquoi je démissionne

Jean-Luc Jouve
A hospital staff prepares a banner on the eve of a national strike against French government's pensions reform plans, at the l'Archet hospital in Nice, France, December 4, 2019. REUTERS/Eric Gaillard

Le 14 janvier, 1200 chefs de service hospitalier et d’unité fonctionnelles vont annoncer leur intention de démissionner de leur fonction administrative si le gouvernement n’entame pas immédiatement une réflexion de fond sur la remise à niveau de l’hôpital public.

Il n’est pas banal que les médecins s’unissent dans un geste symbolique aussi fort, prêts à aller jusqu’à des actions beaucoup plus concrètes susceptibles de déstabiliser complètement l’appareil de santé.

Ces médecins sont des chefs de service hospitalier issus de toute la France et réunis à l’initiative du collectif Inter hôpitaux (CIH). Ce collectif est très jeune, fondé en septembre 2019. Il regroupe tous les professionnels de santé de l’hôpital public sans tenir compte d’une appartenance politique ou syndicale. À cette liste de 1200 chefs de service démissionnaires s’associe une liste de soutien du personnel soignant ou non soignant de l’hôpital public regroupant près de 5000 signatures.

Sensation d’abandon des pouvoirs publics

Si ce collectif a pris autant d’ampleur en quelques mois, c’est essentiellement face à la sensation d’abandon par les pouvoirs publics de toutes les valeurs qui portent le système hospitalier français et en font une référence internationale. Malgré la succession des différents gouvernements, ces 20 dernières années ont vu la qualité de l’hôpital public se dégrader. Cette dégradation s’est exprimée d’abord en termes de qualité de travail et de réception pour les patients. Les professionnels de santé n’ont pas une culture à la contestation et ont accepté avec fatalisme cette situation au fil des années au nom d’une médecine qui restait florissante. Cependant, arrive le moment où la qualité même des soins apportés aux patients pose question et se dégrade de manière sensible.

En clair, on voit arriver à moyen terme la disparition des fondamentaux de la médecine publique française à savoir les meilleurs soins pour tous et de la manière la plus juste.

Une volonté politique basée sur le...

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