Le chef de la diplomatie européenne à Moscou dans un contexte difficile

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C’est une première depuis presque 4 ans: le haut représentant pour la politique étrangère de l'UE Josep Borrell arrive à Moscou ce jeudi soir. C’est un déplacement qui met fin à un gel des contacts diplomatiques au niveau européen depuis 2017. Une rencontre préparatoire au sommet européen de mars qui doit aborder la questions d’éventuelles nouvelles sanctions à l’égard de la Russie suite à la répression visant Alexeï Navalny et ses partisans. Une feuille de route en réalité bien compliquée tant les Européens ont du mal à se mettre d’accord sur le type de relation à entretenir avec Moscou.

Une rencontre avec Alexeï Navalny, bien sûr c’est un souhait des Européens, mais pour Moscou il n’en est pour l’instant pas question. Josep Borrell compte bien en revanche rencontrer des représentants de la société civile russe, aborder le sujet avec le ministre des Affaires étrangères. Sauf qu’il connait déjà la réponse : avant même la condamnation d’Alexeï Navalny, le porte-parole du Kremlin avait ces mots : « Nous espérons que personne ne fera la bêtise de lier la perspective des relations Russie-UE au sort d’un résident d’un centre de détention. »

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Ce dossier va bien sûr concentrer l'attention, mais ils sont nombreux les sujets sensibles à aborder : Ukraine, Syrie, Libye, et puis le Kremlin le sait bien : les Vingt-Sept ont bien du mal à se mettre d’accord sur une ligne.

Trois camps sont en présence en faveur d'accommodements avec Moscou, – comme l'Italie et la Grèce – pour une position dure – comme la Pologne et les États baltes. Entre les deux : la France et l'Allemagne. Paris et Berlin qui ont eux-mêmes parfois en désaccords. Le plus récent sur Nord Stream, ce gazoduc sous-marin entre la Russie et l'Allemagne : la France souhaiterait la suspension de ses travaux, Angela Merkel temporise.

Seul sujet d’intérêt partagé: le nucléaire iranien. Pour l’instant, les États-Unis jugent qu'il est trop tôt pour accepter la proposition de l'Iran que l'Union européenne intervienne pour remettre sur les rails l'accord sur le nucléaire iranien, une affirmation mardi du porte-parole du département d'État américain Ned Price.