Vitesse limitée, chauffage réduit, pas de télé après 23h... Comment la France a fait face au choc pétrolier de 1973

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Face à la crise pétrolière, la vitesse est réduite afin d'économiser du carburant. (AFP)
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Pour Bruno Le Maire, la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine est "comparable en intensité, en brutalité, au choc pétrolier de 1973".

Diminuer le chauffage d'un degré pour baisser la facture et ainsi limiter les effets de la guerre en Ukraine sur la flambée des prix de l'énergie. Selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), une baisse d'un degré permet de baisser en moyenne de 7% sa facture d'énergie. Selon Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, la crise énergétique est "comparable en intensité, en brutalité, au choc pétrolier de 1973".

Cette année-là, en pleine guerre du Kippour, les membres de l'OPEP décident d’augmenter unilatéralement de 70% le prix du baril de brut et une réduction mensuelle de 5% de la production pétrolière jusqu'à évacuation des territoires occupés et reconnaissance des droits des Palestiniens.

En 1973, le prix du baril quadruple en quelques mois

Quelques jours plus tard, un embargo total sur les livraisons destinées aux États-Unis, puis aux Pays-Bas, états alliés d'Israël, est décidé. Conséquence : entre le mois d'octobre 1973 et le mois de janvier 1974, le prix du baril du brut de référence quadruple, passant de 2,32 $ à 9 $.

Face à la flambée des prix du pétrole, de nombreux pays doivent prendre des mesures d'économies d'énergie, pour éviter la pénurie. En France, le Premier ministre Pierre Messmer s'adresse aux Français le 30 novembre 1973. Au-delà de l'annonce d'un vaste plan de nucléaire civil qui vise à une plus grande indépendance énergétique face au pétrole, via la construction de 13 centrales, des mesures sont prises et impactent directement le quotidien des Français.

Chauffage limité, vitesse réduite et pas de télé après 23h

Ainsi, pour réaliser des économies d'énergie, les émissions de télévision sont arrêtées à partir de 23 heures, les vitrines des magasins sont éteintes la nuit, et, surtout, la limitation de vitesse est abaissée. Sur autoroutes et nationales, où elle n'était pas réglementée, la vitesse maximale est de 120 km/h et à 90 km/h.

Le 4 décembre 1974, un décret prévoit de limiter le chauffage en plafonnant à 20 degrés la température "dans les locaux à usage d’habitation, d’enseignement, de bureaux ou recevant du public", du 15 octobre au 15 avril.

En Belgique, plus d'école le samedi

Une température maximale abaissée à "16 °C lorsque la durée d’inoccupation est égale ou supérieure à vingt-quatre heures et inférieure à quarante-huit heures ; 8 °C lorsque la durée d’inoccupation est égale ou supérieure à quarante-huit heures", précise le décret 71-1025 du 4 décembre 1974.

À l'étranger, des mesures encore plus radicales sont parfois prises pour faire face à cette flambée du prix du pétrole. En Belgique, la vitesse est abaissée à 100 km/h sur les autoroutes et les 80km/h sur les routes ordinaires, le chauffage des bâtiments publics est limité à 20°C et les écoles n’ouvrent plus le samedi matin, rappelle la RTBF.

Aux Pays-Bas, des "dimanches sans voiture"

Les Pays-Bas, davantage touchés, lancent les dimanches sans voiture, trois mois durant lesquels il est interdit de circuler avec sa voiture individuelle le dimanche. La mesure sera remplacée durant un mois par des coupons d'essence distribuée aux automobilistes. Des dimanche sans voiture également expérimentés en Suisse et en Belgique, durant quelques semaines, avant une levée du dispositif.

Mais les mesures les plus impressionnantes sont prises au Royaume-Uni, où le choc pétrolier arrive en parallèle d'une grève des mineurs du charbon, ce qui aggrave la crise énergétique dans le pays.

17 degrés, chômage partiel et coupures d'électricité au Royaume-Uni

Le gouvernement déclare l'état d'urgence, limite le chauffage à 17 degrés dans les commerces et bureaux, il devient interdit d'utiliser l'électricité pour chauffer des restaurants ou faire fonctionner des publicités. Des mesures durcies le 1er janvier 1974 avec la mise en place de la semaine de trois jours pour limiter l'énergie consommée par les entreprises. Les automobilistes sont rationnés et des coupures d'électricité planifiées à des heures fixes.

En octobre dernier, dans son rapport sur l'énergie en 2050, le gestionnaire du réseau électrique en France, RTE, a prévenu qu'un bilan carbone neutre ne pourrait être atteint sans une forme de sobriété à l'échelle nationale.

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