Chatouilles : à deux, c'est mieux !

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S'auto-chatouiller ne produit normalement pas d'effet. Et pour cause : le mécanisme qui nous empêche de réagir fait partie d'un phénomène global de conscience de soi. Explications.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°210 daté juillet/ septembre 2022.

S'auto-chatouiller en se faisant guili-guili sous les bras laisse la plupart d'entre nous de marbre… et heureusement ! Car cette absence de réaction participe paradoxalement de l'aptitude à la survie : distinguer les sensations tactiles qui sont le produit de nos propres actions et celles venant de l'extérieur est primordial.

"Réagir rapidement à une attaque ou une menace"

Comme l'explique le psychologue Gilles Lafargue, du laboratoire Cognition santé société à l'Université de Reims : "Ce mécanisme, fruit de l'évolution biologique, permet de réagir rapidement à une attaque ou une menace et d'augmenter ainsi les chances de survie. Mais il fait aussi partie d'un phénomène global de conscience de soi : je suis celle, ou celui, qui a causé ou engendré telle ou telle action."

Pour initier un mouvement, notre cortex moteur envoie des commandes aux muscles afin qu'ils se contractent. Dans le même temps, notre cerveau prédit les conséquences sensorielles de ce geste. Si action et prédictions concordent, la perception est atténuée. En revanche, si l'acte ne correspond pas à la prédiction, quant au délai, à la force appliquée ou à la zone chatouillée, l'effet sensoriel est maximal. D'autant plus si le sujet ne s'y attend pas ! L'état d'alerte est alors aussitôt déclenché.

Le cas particulier des personnes schizophrènes

Il existe toutefois des personnes pour qui les auto-chatouilles sont aussi intenses que des guilis prodigués par un tiers : les schizophrènes. De plus, détaille Gilles Lafargue, "une personne schizophrène pourra se saisir d'un téléphone tout en étant fermement convaincue qu'elle n'en a pas l'intention, mais qu'elle est sous le contrôle d'une force extérieure : la CIA, un marabout, etc. Il semble que ce soit le dysfonctionnement d'un mécanisme cérébral qui soit impliqué à la fois dans la perception anormale du corps en action et dans la formation de croy[...]

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