ChatGPT accusé d’avoir fait appel à des travailleurs kenyans sous-payés pour améliorer son outil

ChatGPT accusé d’avoir fait appel à des travailleurs kenyans sous-payés (Crédit : Getty Images)
ChatGPT accusé d’avoir fait appel à des travailleurs kenyans sous-payés (Crédit : Getty Images)

OpenAI, la société à l’origine de ChatGPT, aurait eu recours à une société exploitant des travailleurs kenyans rémunérés moins de 2 dollars de l’heure, selon une enquête de Time.

Difficile de passer à côté du phénomène ChatGPT ces derniers jours. Capable de passer l’examen du barreau brillamment, d’aider les étudiants à tricher pendant leurs examens ou même d’écrire un livre, cette technologie n’en finit pas de bluffer tout son monde. Mais elle se retrouve dans l’oeil du cyclone depuis mercredi et une menée par le média américain Time.

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Selon les investigations des journalistes américain, Open AI, l’entreprise à l’origine de l’intelligence artificielle, fait appel à des travailleurs kenyans payés deux dollars de l'heure pour rendre le robot plus sûr et modérer son contenu. Au total, la trentaine d’employés a dû redoubler de vigilance pour réduire au maximum le risque de laisser passer des propos racistes, sexistes ou tout autre sorte de contenu discriminant. Pour y parvenir, Open AI aurait signé trois contrats avec la société Sama pour un montant de 200 000 euros.

Des visions d’horreur pour les salariés

Selon Time, les employés kenyans de ChatGPT ont été rémunérées entre 1,32 et 2 dollars de l'heure, selon l'ancienneté et la performance alors que les accords entre les deux sociétés prévoyaient un tarif de 12,50 dollars par heure de travail. "C’était de la torture", lâche une petite main du ChatGPT. Après avoir lu l’histoire sordide d’un homme ayant des relations sexuelles avec un chien, il a assuré souffrir de visions d’horreur récurrentes. "On lisait un certain nombre de descriptions comme ça toute la semaine. Quand on arrivait à vendredi, on était perturbé de repenser à ces images", ajoute-t-il au magazine américain.

Droite dans ses bottes, la société Open AI reporte la faute sur son désormais ex-partenaire Sama. "Nous prenons très au sérieux la santé mentale de nos employés et celle de nos sous-traitants (...) l'exposition à un contenu explicite a une limite et les informations sensibles sont traitées par des travailleurs spécifiquement formés", a indiqué l’entreprise. Quant aux salaires dérisoires versés aux employés kenyans, là encore Open AI se dédouane de toute responsabilité : "Le tarif de 12,50 dollars pour le projet couvre tous les coûts, comme les dépenses d'infrastructure, ainsi que le salaire et les avantages sociaux des associés ainsi que des analystes d'assurance qualité et chefs d'équipe entièrement dédiés."

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