Chat GPT : des étudiants soupçonnés d'avoir utilisé l'intelligence artificielle pour rédiger un devoir

La moitié des copies corrigées avaient été rédigées par l'agent conversationnel ChatGPT (Photo : Getty Images/iStockphoto) (Getty Images/iStockphoto)

Un enseignant en handicapologie de l'Université de Lyon a constaté de curieuses similitudes en corrigeant les copies de ses étudiants en Master. Et pour cause...

Une nouvelle forme de triche apparemment de plus en plus répandue. Un professeur en handicapologie du nom de Stéphane Bonvallet, exerçant dans une université lyonnaise, s'est récemment retrouvé face à un cas de figure pour le moins déstabilisant au moment de corriger les devoirs à la maison rendus par ses étudiants en Master sur le thème "les grands traits de l’approche médicale du handicap en Europe".

Comme le rapporte BFMTV, qui s'appuie sur des informations du Progrès, l'enseignant a ainsi remarqué "une construction identique, des arguments se ressemblant, mais sans jamais tourner au plagiat" dans la moitié des copies. Interloqué, il a cherché à comprendre l'origine de ces similitudes en interrogeant l'une de ses élèves. Celle-ci lui a alors avoué que les étudiants concernés avaient eu recours au même outil pour rédiger le devoir.

Faute de précédent, l'enseignant contraint de noter les copies

Plus précisément, la jeune femme a expliqué que 7 des 14 élèves de cette classe de Master avaient utilisé l'application Chat GPT, prototype d'agent conversationnel particulièrement en vogue en ce moment. Les étudiants en question s'étaient contentés de recopier ce qu'avait répondu l'intelligence artificielle en réponse à des questions reprenant l'intitulé du sujet.

"N’ayant pas de cadre interdisant actuellement cette pratique, j’ai été contraint de les noter", révèle cependant Stéphane Bonvallet. Forcément embêté par la situation, l'enseignant a finalement décidé d'attribuer un 11,75 à chacune des sept copies concernées.

Une pratique problématique... et de plus en plus répandue

D'après le témoignage du professeur, il est cependant loin de s'agir d'un cas isolé. BFMTV indique ainsi que les "trois quarts" de ses collègues auraient constaté des bizarreries de ce type dans certains devoirs ces dernières semaines. Les lycées seraient particulièrement touchés par cette nouvelle façon de tricher, sur laquelle les autorités scolaires et universitaires n'ont pas encore statué.

Au-delà de la stricte question de la validité des notes obtenues de cette manière, se pose aussi celle de ce que les élèves en retiennent. "Cette pratique m’inquiète, affirme Stéphane Bonvallet. Elle pose un véritable problème d’intégration des savoirs, car les élèves n’ont plus besoin d’effectuer la moindre recherche pour composer."

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