Les chasseurs, des gardiens de la biodiversité ? « 95 % des animaux tués à la chasse n'ont pas besoin d'être régulés »

Avec la reprise de la chasse, les accidents se multiplient ces dernières semaines et ont à nouveau propulsé le débat sur le devant de la scène médiatique et politique. En effet, la pratique de cette activité est un sujet qui divise considérablement la société. Enfin, elle divise surtout la population générale, les naturalistes et les écologues d'un côté et les chasseurs de l'autre. En effet, la plupart des gens semblent hostiles à la chasse. Mais cette hostilité ne suffit pas à la remettre en question si on s'en tient à la communication des chasseurs. Selon leurs dires, ils seraient les « premiers écologistes de France » car ils régulent nos écosystèmes. Les accidents de chasse chaque année (peu nombreux mais un nombre de cas toujours trop élevé) sont, dans cette vision des choses, des dommages collatéraux en regard des supposés bénéfices que prodigue la chasse envers l'intérêt général. Pourtant, une fois débroussaillée la communication verdoyante des chasseurs, on découvre une véritable supercherie. La chasse ne sert qu'une seule et unique chose : les intérêts des chasseurs qui prennent plaisir à tuer des millions d'animaux par an.

Séparer la chasse des autres activités

Les chasseurs ne font pas que chasser et ils sont très enclins à nous le rappeler. Pourtant, ces actions annexes qui semblent désintéressées sont généralement destinées à pérenniser la chasse : « que ce soit de façon directe en réintroduisant une espèce, en aménageant un territoire qui sera dédié à la chasse ou de façon indirecte en améliorant l'image de la chasse (par exemple en ramassant des déchets dans la forêt, en aménageant un site non dédié à la chasse, en entretenant des chemins de randonnées, etc.), c'est-à-dire en inscrivant les chasseurs dans le cortège des acteurs qui travaillent pour la protection de la nature au même titre que les associations écologistes. Tout cela participe à renforcer leur place dans le débat public et leur écoute auprès des dirigeants », explique Pierre Rigaux,...

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