Chasse: des maires bretons dénoncent l'inaction des pouvoirs publics

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Dans une lettre ouverte au préfet d'Ille-et-Vilaine et à la ministre de la Transition écologique, cinq maires exigent des décisions législatives.

A la suite de l'accident tragique, les élus demandent des réponses. Samedi, plusieurs maires bretons ont dénoncé samedi l'inaction des pouvoirs publics en matière de régulation de la chasse après la mort d'un automobiliste de 67 ans, tué par un tir de chasseur le 30 octobre au sud de Rennes.

La maire de Laillé, en Ille-et-Vilaine, Françoise Louapre a déclaré avoir voulu "jeter un pavé dans la mare" en interdisant par arrêté municipal la chasse à moins de 150 mètres des habitations ainsi que l'usage de la carabine sur l'ensemble de la commune. 

"On veut des décisions législatives", a expliqué cette dernière au cours d'une conférence de presse, précisant que "les chasseurs eux-mêmes" étaient "inquiets de l'utilisation de carabines de plus en plus puissantes par des chasseurs qui n'ont pas les qualifications suffisantes".

"Je regrette qu'on ait aucune réponse"

Dans une lettre ouverte au préfet d'Ille-et-Vilaine et à la ministre de la Transition écologique, Françoise Louapre et quatre autres maires d'Ille-et-Vilaine demandent la mise en place de certificats médicaux pour les chasseurs, un meilleur encadrement de l'usage des carabines (dont la portée peut atteindre 2 km) ou la fixation de demi-journées sans chasse les samedis et dimanches après-midi.

"Il y a des tirs perdus qui sont inacceptables", a estimé Philippe Salmon, maire de Bruz. "On essaie de faire bouger les choses pour que l'État prenne ses responsabilités. Je regrette qu'on ait aucune réponse", a commenté Michel Delmolder, maire de Pont-Péan.

"On n'est pas anti-chasse, on n'est pas pro-chasse"

Une centaine de personnes ont manifesté samedi après-midi devant la mairie de Laillé pour réclamer des mesures plus drastiques de limitation de la chasse. "Pour nous, (cet arrêté municipal), c'est une avancée mais ce n'est pas assez. On veut que ça aille beaucoup plus loin", a estimé Jimmy Nedellec, du collectif Forest Shepherd, qui réclame notamment un "moratoire sur la chasse dans la commune" et une interdiction de tirs à moins de 500 mètres des jardins.

"On n'est pas anti-chasse, on n'est pas pro-chasse. Nous souhaitons faire évoluer les pratiques", a rétorqué Françoise Louapre. Selon elle, la chasse est nécessaire face à la "surpopulation de sangliers" qui détruisent les cultures.

Dans leur lettre ouverte, les maires demandent d'ailleurs "la gestion urgente et efficace de la surpopulation de sangliers", "l'interdiction de l'agrainage", et "l'arrêt de l'élevage des sangliers dans certaines chasses privées".

Un automobiliste est mort des suites de ses blessures début novembre après avoir été blessé par une balle de calibre 9,3 mm alors qu'il circulait sur la quatre voies entre Rennes et Nantes. Le chasseur auteur du tir a été mis en examen pour "homicide involontaire lors d'une action de chasse" et placé sous contrôle judiciaire.

Article original publié sur BFMTV.com

VIDÉO - Dans le Lot, la tension demeure, un an après un accident de chasse mortel :

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