Les charniers en Ukraine, symboles de la guerre menée par les Russes

Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, les découvertes de charniers et de fosses communes se multiplient, dénotant d’une véritable stratégie de guerre de la part de Moscou (photo d’illustration prise près de Boutcha au mois de juin 2022).
Dominika Zarzycka / NurPhoto via Getty Images Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, les découvertes de charniers et de fosses communes se multiplient, dénotant d’une véritable stratégie de guerre de la part de Moscou (photo d’illustration prise près de Boutcha au mois de juin 2022).

Dominika Zarzycka / NurPhoto via Getty Images

Depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine, les découvertes de charniers et de fosses communes se multiplient, dénotant d’une véritable stratégie de guerre de la part de Moscou (photo d’illustration prise près de Boutcha au mois de juin 2022).

GUERRE EN UKRAINE - Boutcha, Marioupol, Manhouch, Buzova, Vynohradne, Staryi Krym, Motyzhin, et maintenant Izioum. Depuis que les troupes ukrainiennes ont commencé à reprendre du terrain face à l’envahisseur russe, les découvertes macabres se succèdent. Dans des forêts et en lisière des villes, charniers et fosses communes sont mis au jour. Un symbole de la manière dont le Kremlin mène cette guerre.

C’est ce qu’expliquait au mois d’avril dernier Dmytro Kuleba, le ministre ukrainien des Affaires étrangères. « Boutcha ne s’est pas faite en un jour », déclarait-il au sujet de cette ville située dans les environs de Kiev où ont été découverts des cadavres de civils abattus alors qu’ils avaient parfois les mains attachées dans le dos et les yeux bandés, souvent abandonnés sur le lieu de leur exécution ou jetés dans des tombes de fortune telles que des puits. Un « massacre délibéré », ajoutait le ministre.

Le résultat d’une stratégie politique ancrée

« Depuis des années », déclarait Dmytro Kuleba, « les élites politiques russes et la propagande de Moscou incitent à la haine, déshumanisent le peuple ukrainien, alimentent l’idée d’une supériorité russe et posent les bases de telles atrocités. » Avant d’inciter les universitaires du monde entier à se pencher sur ces différents éléments qui ont conduit au massacre de Boutcha.

« Le massacre de Boutcha était délibéré. Les Russes veulent éliminer autant d’Ukrainiens que possible. Nous devons les en empêcher et les expulser. »

Des éléments repris dans la foulée par le président ukrainien Volodymyr Zelensky, répondant aux accusations de Moscou selon lesquelles les vidéos et photographies prises à Boutcha étaient « truquées » et destinées à accuser à tort la Russie d’exactions. Le président ukrainien avait ainsi affirmé que cette ligne de défense participait de la politique russe « qui considère que l’Ukraine n’a aucune indépendance, ni aucune souveraineté » et que « l’idée même de l’Ukraine est fausse ». Avec pour conséquence l’abandon de cadavres anonymes et sans aucun respect dans des tombes creusées à la va-vite.

Au total, des milliers d’enquêtes ont été ouvertes par les autorités de Kiev pour tenter de faire le jour sur ce que la communauté internationale, Joe Biden et Emmanuel Macron en tête, a ouvertement qualifié de « crimes de guerre ». D’ailleurs, l’ONU aussi mène des investigations, avec l’objectif de traduire Vladimir Poutine et les responsables militaires russes devant la Cour pénale internationale de La Haye.

De multiples exemples d’exactions

Et pour cause : les atrocités sont loin d’être limitées au seul exemple de Boutcha, même si la ville est devenue le centre de l’attention internationale après les macabres découvertes du mois d’avril. Dans de nombreuses autres villes occupées par les troupes du Kremlin dans les premières semaines du conflit, des charniers ont aussi été trouvés par les forces ukrainiennes.

Autour de Marioupol, ville martyre où le siège du complexe Azovstal a longtemps incarné la ferveur et la détermination de la résistance locale, plusieurs dizaines de fosses communes ont par exemple été découvertes à Staryi Krym et Vynohradne. À chaque fois, des tranchées s’étendant sur plusieurs centaines de mètres dans lesquelles des dizaines de corps ont été dissimulés à la hâte par l’occupant russe.

Le conseil municipal de Marioupol assurait ainsi, sur la base notamment d’imagerie satellite, que jusqu’à 9 000 personnes auraient ainsi été enterrées par les troupes de Moscou, qui cherchaient à dissimuler l’ampleur du massacre commis dans ce port stratégique des rives de la mer d’Azov et à « cacher leurs crimes militaires », pour citer le maire de la ville. Selon les autorités ukrainiennes, les Russes ont même fait creuser ces tombes à des habitants de la ville, éreintés par le siège, en échange de nourriture.

Et les autres exemples sont légion. On peut citer à cet égard le destin funeste de la maire de Motyzhin, à l’ouest de Kiev, dont le corps a été retrouvé dans un trou creusé en pleine forêt, en compagnie des dépouilles de plusieurs autres personnes, dont son mari et sa fille. Sur les cadavres, des traces de torture et d’une exécution sommaire.

Ce vendredi 16 septembre, alors que la découverte de l’ampleur des charniers d’Izioum continue, Volodymyr Zelensky a fustigé des « tortionnaires et des meurtriers » russes, qui sont « privés de tout ce qui est humain ». Car dans un pays où les purges staliniennes ont donné naissance à des fosses communes gigantesques, le choix des soldats de Vladimir Poutine d’abandonner de la sorte les cadavres de leurs victimes est tout sauf anodin.

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