Charniers irakiens et syriens : la difficile identification des victimes de Daech

franceinfo, Aurélien Colly
La semaine dernière, dans le nord-est de la Syrie, près de Raqqa, 200 corps étaient découverts dans un nouveau charnier de Daech, qui pourrait en compter jusqu’à 800, selon les autorités locales. Des découvertes malheureusement régulières.

Depuis la défaite de Daech en Syrie, les découvertes macabres sont régulières. Il est impossible de chiffrer le nombre de victimes enterrées dans ces charniers mais pour le nord-est de la Syrie, déjà près de 5 000 corps ont été découverts dans une dizaine de fosses communes. La semaine dernière, ce sont 200 corps qui ont été exhumés près de Raqqa.

Au Kurdistan irakien, une vingtaine de charniers ont été mis au jour et près de 10 000 morts recensés, selon Dr Mohamed Ihsan, expert médico-légal auprès du gouvernement irakien. "On ne peut pas utiliser des images satellites, car on n’a pas de données sur le terrain avant et après Daech", précise-t-il.

Les découvertes dépendent des témoignages, des gens qui nous disent : 'On a trouvé des habits, des ossements', 'Daech a fait des travaux ici'…

Dr Mohamed Ihsan, expert médico-légal

à franceinfo

Quand un charnier est découvert, on pratique d'abord un déminage car Daech a souvent piégé ces sites, puis on procède au balisage et à la protection des lieux, en attendant l’exhumation des corps. "En observant le sol, le type de terre, on peut avoir une idée du moment où le charnier a été creusé. Ensuite, en regardant les habits des victimes, arabe, kurde, yézidis, on trouve leurs origines. L’analyse des cadavres permet facilement d’identifier leur sexe, la manière dont ils ont été tués… On procède comme ça", explique le Dr Mohamed Ihsan.


Pour rendre leur identité aux (...)

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