Charnier de Descartes : "J’aurais dû réagir", regrette le professeur Even

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Ex-doyen de la faculté de Necker à Paris, Philippe Even témoigne de ce qu’il a vu en 1988 au Centre du don des corps de Paris-Descartes, qui fait, depuis juillet, l’objet d’une enquête judiciaire.

Des diapositives retrouvées par Paris Match révèlent que le charnier du Centre du don des corps de Descartes existait depuis 1988 au moins. L’enquête judiciaire ouverte depuis juillet dernier ne s’intéresse, pour l’instant, qu’aux faits commis entre le 30 novembre 2013 et le 8 juillet 2020. L’enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) n’a, elle, rien trouvé avant 2012. Entre 1988 et 2000, Philippe Even était doyen de la faculté de Necker. Le professeur, qui a aujourd’hui 89 ans, raconte sa visite un jour de 1988 au Centre du don des corps.

Paris Match. Étiez-vous au courant des conditions indignes de conservation des corps à Descartes?
Philippe Even. Un jour, peu après avoir été élu doyen de Necker en 1988, j’ai demandé au directeur du centre, Jean-Pierre Lassau (décédé en 2014, ndr) de visiter les Saints-Pères. Ce bâtiment était indépendant, je n’avais aucun pouvoir sur ce qui s’y passait car Necker n’enseignait qu’aux étudiants de deuxième année. Je voulais alors savoir comment étaient accueillis ceux de première année car j’étais très critique envers les programmes d’enseignement.

"Je vois des cadavres qui flottent à la surface d’un bassin de formol. Ils utilisaient des harpons pour les attraper"

Le professeur Lassau vous ouvre donc les portes du Centre du don des corps. Que découvrez-vous?
Ce jour-là, je suis seul avec Lassau. Je viens visiter les salles de dissection et la réserve de corps dans les chambres froides. C’est lui qui me fait la visite. Là, je vois des cadavres qui flottent à la surface d’un bassin qui contenait ce qui m'a semblé être du formol. Ils évoluaient au gré des mouvements de l’eau verdâtre. Ils utilisaient des harpons pour les attraper. C’était épouvantable à voir. J’ai(...)


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