Charnier d’Izioum : la présidence de l’UE réclame la création d’un tribunal international spécial

NICOLE TUNG / NYT

“Des rangées et des rangées de tombes, marquées par de simples croix de bois. Des noms ont été écrits sur quelques-unes, mais la plupart d’entre elles ne comportent qu’un numéro”, raconte l’envoyée spéciale de la BBC à Izioum, une petite ville de la région de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, tout juste libérée de l’occupation russe.

Quelque 450 dépouilles ont déjà été découvertes, faisant craindre un nouveau massacre de civils ukrainiens par les forces russes. “L’Ukraine est bien décidée à montrer au monde ce spectacle choquant” et “des convois entiers de journalistes internationaux” ont été conduits sur les lieux pour assister aux exhumations, précise la radiotélévision britannique.

Le correspondant du Guardian a ainsi pu parler au procureur adjoint de la région de Kharkiv, Roman Kasianenko, qui a confirmé avoir découvert “des signes de torture” sur certains cadavres. “Nous avons trouvé des individus avec les mains liées et des membres brisés”, a-t-il déclaré, soulignant néanmoins qu’il était “trop tôt pour déterminer s’il s’agit d’un nouveau Boutcha” – cette banlieue de Kiev où des civils avaient été sommairement exécutés par les forces russes, avant leur retrait début avril.

“Partout où l’occupant russe pose le pied, il laisse dans son sillage désastre et atrocités, commet des crimes de guerre, terrifie et terrorise des populations pacifiques”, a déclaré à Fox News Yuri Sak, conseiller du ministre ukrainien de la Défense, commentant les images d’Izioum.

Indignation occidentale

Dans son allocution télévisée quotidienne, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a précisé vendredi que “des enfants, tués par des attaques de missiles, et des soldats ukrainiens” faisaient aussi partie des cadavres exhumés à Izioum, rapporte The Kyiv Independent. Il a également révélé les Russes avaient créé au moins “dix chambres de torture” à Kharkiv durant l’occupation de la région.

La macabre découverte a suscité l’indignation des Occidentaux, souligne Radio Free Europe-Radio Liberty (RFE-RL) : la République tchèque, qui assure la présidence tournante de l’Union européenne (UE), a réclamé samedi “la création d’un tribunal international spécial pour les crimes de guerre” commis en Ukraine.

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