Charlie Hebdo : un syndicat de police demandait l'arrêt de la surveillance

L'extrait publié dans le Canard enchaîné

Le Canard enchaîné jette un pavé dans la mare. Deux semaines après l’attentat qui a endeuillé Charlie Hebdo, le journal satirique affirme, document à l’appui, que le syndicat Alliance Police nationale a exigé l’arrêt de "la mission Charlie Hebdo" dès avril 2013. Selon l’extrait publié du tract, il  trouvait "inadmissible" que "depuis plus de sept mois, les compagnies d'intervention fournissent jusqu'à neuf collègues par jour pour la protection des locaux privés d'un journal". Alliance allait même plus loin en assimilant la surveillance de Charlie Hebdo à une  "tâche indue" et à un "luxe". "Le 4 avril, lors d’une audience auprès du directeur de la DOPC, nous avons exigé l’arrêt immédiat de la mission “ Charlie Hebdo !", peut-on lire sur le tract du syndicat.


Le préfet n’a pas répondu favorablement à la demande. Mais depuis quelques mois, le dispositif s’était assoupli, comme l’a affirmé dans les colonnes de Libération Antonio Fischetti,  journaliste à Charlie Hebdo qui n’était pas présent le jour du drame. "Après l’incendie qui avait détruit nos locaux en 2011, il y a eu pendant longtemps une voiture de police en bas du journal. D’abord tout le temps, puis pendant la réunion de rédaction, le mercredi matin. Mais depuis quelque temps, un mois ou deux, il n’y en avait plus." D’après Luc Poignant, du syndicat Unité SGP Police, "des rondes se tenaient régulièrement devant le siège du journal satirique".

Contacté par Rue89, Pascal Disant du syndicat Alliance ne voit "aucune erreur d’appréciation". "C’est une fausse polémique qui vient de la concurrence syndicale. Et sachez de toute façon que si trois, quatre ou cinq policiers avaient été postés devant les locaux de Charlie Hebdo, il y aurait simplement eu plus de policiers tués", conclut-il.