Chérif et Saïd Kouachi : deux frères djihadistes

L'un des deux frères,  soupçonnés d'avoir commis la fusillade à Charlie Hebdo mercredi, se serait entraîné au Yémen, avec des combattants d'Al-Qaïda. Saïd Kouachi, le frère aîné, serait resté plusieurs mois en 2011 au sein d'Aqpa, Al-Qaïda dans la péninsule arabique. Selon des sources européennes et américaines proches de l'enquête, l'homme aujourd'hui âgé de 34 ans aurait tout fait pour rester discret à son retour en France.

Liste noire

Les deux auteurs présumés de l'attentat étaient bien connus des services secrets américains. Leurs noms étaient inscrits sur la "No Fly List" qui interdit à ce qui y figurent de prendre des vols à destination ou au départ des Etats-Unis.

Nés à Paris

Les autorités ont diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi les photos de deux suspects, Chérif et Saïd Kouachi, 32 et 34 ans. Les deux frères sont nés à Paris et ont grandi dans le 10ème arrondissement. En 1994, après la mort de leurs parents, ils sont tous les deux placés en foyer.

La radicalisation de Chérif après 2003

Le plus jeune, Chérif, est placé à Rennes, où il passe un brevet d’éducateur sportif et commence à travailler. Chérif mène alors la vie de nombreux jeunes qui se cherchent. Puis, après avoir affiché une passion pour le rap, se radicalise en 2003. Il intègre alors la filière des Buttes-Chaumont qui envoie des combattants en Irak. Interpellé en 2005, Cherif est condamné à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis.

L'embrigadement en prison

Lors des 18 mois qu’il passe en prison à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, Chérif Kouachi fait la connaissance de celui qui deviendra son mentor : Djamel Beghal. Cet homme, qui se fait appeler Abou Hamza, purge une peine de dix ans de prison pour un projet d’attentat fomenté, en 2001, contre l’ambassade des États-Unis à Paris.

Apprenti terroriste en 2006 ?

À sa sortie de prison, en 2006, Chérif Kouachi travaille à la poissonnerie d'un supermarché de Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Selon les enquêteurs, il aurait participé à la préparation de l’évasion d’une autre figure de l’islam radical, Smaïn Ait Ali Belkacem, condamné, en novembre 2002, à une peine de prison à perpétuité pour sa participation à l’attentat de la station RER Musée-d’Orsay, en octobre 1995. Des préparatifs qui étaient dirigés par Djamel Beghal.

Un "ancrage avéré dans un islam radical", note la justice

Incarcéré de nouveau en mai 2010 sur la base de ces soupçons, Chérif Kouachi est libéré le 11 octobre de la même année. Faute de preuves suffisantes, le parquet de Paris requiert un non-lieu le 26 juillet 2013, et ce "en dépit de son ancrage avéré dans un islam radical, de son intérêt démontré pour les thèses défendant la légitimité du djihad armé", note le réquisitoire. 
De son côté, Saïd Kouachi, "domicilié à Reims" et "sans emploi", n'a jamais été poursuivi ou condamné mais apparaissait en périphérie des affaires de son frère cadet.

Mourad Hamyd, accusé à tort ?

Le plus jeune des trois hommes recherchés dans l'enquête sur l'attaque de Charlie Hebdo s'est rendu mercredi soir au commissariat de Charleville-Mézières (Ardennes) et a été placé en garde à vue. Le jeune homme de 18 ans, soupçonné d'avoir aidé les deux tireurs, s'est rendu après avoir vu que son nom circulait sur les réseaux sociaux". Or, plusieurs internautes l'assurent : Mourad Hamyd était en cours avec eux au lycée au moment de l'attaque. D'après eux, l'adolescent serait élève de terminale ES au lycée Monge de Charleville-Mézières. Rapidement, le mot-clé #MouradHamydInnocent se propage comme traînée de poudre sur Twitter. 

 

Cellule de crise

Trois services sont en charge de l'enquête : la section antiterroriste de la brigade criminelle, la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) et la sous direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire. Une cellule de crise a été déclenchée par le parquet antiterroriste. Elle avait déjà été mise en place lors de l'affaire Merah et lors du démantèlement d'une filière syrienne à Torcy.

Plan vigipirate relevé

Le Premier ministre Manuel Valls a décidé de relever mercredi le plan Vigipirate au niveau «alerte attentats», le niveau le plus élevé qui doit prévenir d'une «menace imminente», sur l'ensemble de la région Île-de-France. En quoi cela consiste ? Réponse en images.

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