Charles de Gaulle : il y a 50 ans, le décès d'un monument

Une simple photo, pendant une minute. Voici comment débuta le journal télévisé du 10 novembre 1970. La veille, Charles de Gaulle décédait à Colombey-les-Deux-Églises (Haute-Marne). Dans les rues, au petit matin, il y avait d'abord de l'incrédulité. Certains Français peinaient à y croire. Georges Pompidou, qui lui a succédé à l'Élysée, plonge alors la France dans le deuil. "La France est veuve", déclara-t-il à la télévision. "Mort de chagrin" D'immenses files d'anonymes se sont formées pour déposer un mot sur les cahiers de doléances. Pourtant, les Français avaient congédié le général, 18 mois plus tôt, en répondant "non" au référendum sur le Sénat et la régionalisation qu'il avait proposée. Le président de Gaulle avait démissionné, s'était retiré à Colombey-les-Deux-Églises, reclus et meurtri. "On sait que le général de Gaulle est mort d'une rupture d'anévrisme. Je crois qu'il est surtout mort de chagrin", évoque Jacques Santamaria, co-auteur de la série télévisée De Gaulle, l'éclat et le secret. Dans son testament, le général ne voulait à ses obsèques aucun ministre, aucun président, et pas d'hommage national.