Charles Consigny : « À Frédéric Mitterrand, mon ami »

Il avait du talent pour la télévision, la radio, le cinéma, la politique, mais à mes yeux Frédéric Mitterrand était avant tout un écrivain. De ceux qui ne craignent pas de se mettre en danger pour la littérature. C’est-à-dire un écrivain véritable.

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Il l’avait fait dans La mauvaise vie, où il avouait des crimes. Il avait osé « dire sa faiblesse, sa lâcheté, ses désirs, ses impuissances [et] sa peur de la nuit » [1]. Il était prêt à sacrifier sa tranquillité, sa réputation à la littérature : il était capable d’en écrire. J’avais noté ce passage de son journal consacré à ses années au ministère de la Culture qui m’avait saisi, qui disait si bien ce qu’il avait dans le cœur, le brisait et lui manquait : « Sur le quai de la gare d’Avignon […], un jeune couple se sépare en échangeant des baisers passionnés tandis que leur petit garçon pleure à chaudes larmes de voir partir son papa. Le cœur étreint brusquement en voyant ce que je ne connaîtrai jamais. » [2]

Il était intelligent et profondément mélancolique, lucide sur la comédie humaine et la foire aux vanités

Il était intelligent et profondément mélancolique, lucide sur la comédie humaine et la foire aux vanités du petit milieu politico-médiatique parisien et enthousiaste quand même à l’égard de telle idée, projet, œuvre ou personnalité. Il était reconnaissant à ceux qui lui avaient tendu la main, se gar...


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