Chaos au Stade de France: comment s'est défendu Gérald Darmanin devant le Sénat

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Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur au Sénat ce mercredi. - Geoffroy Van der Hasselt
Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur au Sénat ce mercredi. - Geoffroy Van der Hasselt

Le gouvernement peine à se dégager du scandale soulevé par les incidents survenus samedi dernier autour du Stade de France, en marge de la finale de la Ligue des Champions. Ce mercredi, Gérald Darmanin s'est déplacé en compagnie de la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castera, devant les sénateurs des Commissions des Lois et de la Culture.

Si le ministre de l'Intérieur a reconnu que "l'image négative du match (était) une blessure pour notre fierté nationale" dans son propos liminaire, il s'agissait surtout pour lui de présenter la ligne de défense des autorités après ce fiasco. En parallèle, la place Beauvau a diffusé un document - que BFMTV a pu consulter - développant cet argumentaire.

Darmanin rappelle l'engorgement des transports

Difficultés d'accès au stade, supporters ne parvenant pas à assister à la rencontre, opérations de contrôle débordées et spectateurs violentées par les forces de l'ordre: les dossiers sur lesquels les sénateurs attendaient Gérald Darmanin étaient nombreux. Après avoir assuré les parlementaires de sa volonté d'"assumer ses responsabilités", et regretté que cette "fête du sport ait été gâchée", le ministre de l'Intérieur est rapidement passé à la contre-offensive.

Il a d'abord repris des justifications rendues publiques précédemment. Tandis que dans un document publié ce mercredi, le ministère de l'Intérieur a mis en avant une contrainte de temps ayant fragilisé l'organisation de l'événement - du fait de la délocalisation de la finale de Saint-Pétersbourg à l'enceinte de Saint-Denis sur fond de guerre russo-ukrainienne, son délai a été ramené de 18 mois habituellement à 12 -, Gérald Darmanin a insisté sur l'engorgement des transports.

Rappelant la grève sur la ligne B du RER ce soir-là, il a pointé: "La difficulté principale que nous ayons eue, le premier enchaînement négatif de cette soirée, c'est que le flux sur le RER D a été 3,5 fois plus important que lors d'un match de football qui amène du monde au Stade de France de façon normale".

Des faux billets "massivement dupliqués"

Mais c'est la question des billets qui a concentré les critiques ces derniers jours. Dès lundi, le ministère de l'Intérieur et la Préfecture de Police de Paris ont affirmé conjointement que de 30.000 à 40.000 spectateurs liverpuldiens avaient prétendu pénétrer dans le stade munis de faux billets ou même démunis de tout sésame. Un chiffre souvent contesté par les observateurs.

Gérald Darmanin a précisé ces données devant les sénateurs, évoquant "2800 faux billets" scannés aux "tripods", en d'autre termes visés après le pré-filtrage. Il a encore soutenu que des faux billets avaient été dupliqués massivement: "Un même billet a parfois été dupliqué pour l'un 760 fois, un autre 744 fois". "D'après les équipes de la Fédération française de football et du Stade de France, entre 57 et 70% des billets présentés aux entrées étaient faux", a-t-il prolongé.

Selon les derniers chiffres actualisés par la Place Beauvau, un nombre excédentaire de supporters britanniques se seraient ainsi présentés aux contrôles dans une fourchette allant de 34.800 - d'après l'estimation la plus basse - à 42.800, pour la plus haute. Le ministère de l'Intérieur a encore fustigé l'achat par certains partisans de Liverpool de billets facturés 50 livres, affirmant que ces derniers savaient alors pertinemment que ces tickets étaient factices. Dans le document édité ce mercredi, l'institution mentionne également la bonne foi de spectateurs ayant dépensé de 800 à 1.200 euros les croyant valides.

Darmanin regrette l'usage "disproportionné" des gaz lacrymogènes

La réponse policière - entre pertes de contrôle et gazages - devant les débordements de samedi a elle aussi suscité un vif débat. Selon les chiffres avancés par le ministère, les forces de l'ordre ont procédé à 29 interpellations aux abords du stade dont 14 étaient Britanniques. Un premier contingent d'interpellés auquel il faut encore verser 52 interpellations dans un périmètre de 200 mètres autour du stade, pour un total de 81 interpellations ayant abouti à 44 placements en garde à vue. La plupart de ces gardes à vue ont plus tard été levées sans poursuites.

Quant à l'intervention policière elle-même, Gérald Darmanin a concédé: "Nous avons sans doute sous estimé l'action de la police de sécurité publique." "Nous regrettons très sincèrement les débordements parfois inacceptables", notamment dans l'emploi "disproportionné" des gaz lacrymogènes, a-t-il aussi posé. Le membre du gouvernement a enchaîné: "Il y a deux signalements sur des gestes de policiers. J'ai vu deux faits où l'utilisation du gaz lacrymogène était contraire aux règles et j'ai demandé des sanctions." "Le gaz lacrymogène a permis de sauver des gens de l'écrasement mais il a aussi causé des dégâts, notamment sur les enfants", a encore admis Gérald Darmanin.

Faut-il y voir la faillite d'agents en sous-effectif ? Le ministre de l'Intérieur a au contraire argué de la solidité du dispositif déployé, recensant 6800 policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers. "Depuis que je suis ministre de l'Intérieur, c'est l'événement qui a mobilisé le plus de policiers et de gendarmes", a-t-il lancé.

Article original publié sur BFMTV.com

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