Chantage politique à Saint-Etienne: Gaël Perdriau à nouveau sur la sellette

Le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau lors du Conseil municipal le 26 septembre 2022. - BFMTV
Le maire de Saint-Etienne Gaël Perdriau lors du Conseil municipal le 26 septembre 2022. - BFMTV

Le maire LR de Saint-Étienne et président de la métropole Gaël Perdriau a affronté ce jeudi de nouveaux appels à démissionner en lien avec l'affaire de chantage politique à la vidéo intime qui secoue sa ville depuis un mois.

Lundi, lors d'un conseil municipal houleux, il avait clamé son innocence: "cette histoire vise à me détruire", avait-il dit en défendant sa légitimité au nom de "la présomption d'innocence".

Ce jeudi l'élu stéphanois, absent, avait délégué la présidence de la séance au 1er vice-président LR Hervé Reynaud.

Plusieurs élus métropolitains, de gauche et de droite ont critiqué sa décision de ne pas s'être mis complètement en retrait comme la majorité des 53 maires de la structure intercommunale en avaient, selon eux, exprimé le souhait lors d'une réunion mi septembre.

"Il a perdu notre confiance, il est minoritaire"

"Gaël Perdriau a perdu notre confiance, il est minoritaire, il a perdu son honorabilité et doit se mettre en retrait en démissionnant, quitte à revenir plus tard", a déclaré Gérard Tardy, maire DVD de Lorette.

"Des années de travail ont été anéanties en un claquement de doigts (...) la seule solution est que le président démissionne pour qu'on avance sereinement", a renchéri Éric Berlivet, le maire de Roche-la-Molière, représentant local du mouvement Horizons.

"Nous ne voulons pas un retrait d'apparat (...) mais un retrait réel", a insisté l'écologiste stéphanois Olivier Longeon.

"Cette affaire nous concerne tous, elle nous salit toutes et tous", a fulminé Pierrick Courbon, le chef de file de l'opposition de gauche, en évoquant des "centaines d'articles nationaux et internationaux qui décrivent notre territoire comme la capitale des barbouzes".

Une plainte pour chantage

La ville de 175.000 habitants est agitée depuis fin août par l'existence d'une vidéo intime tournée en 2015 qui a suscité une plainte pour chantage de l'ancien premier adjoint centriste Gilles Artigues, absent des débats lundi et jeudi "sur les conseils de son médecin", selon ses amis politiques.

Le scandale a poussé Gaël Perdriau à limoger son directeur de cabinet tandis qu'un de ses adjoints, nommément accusé d'avoir tourné la vidéo pour neutraliser politiquement Gilles Artigues, présentait sa démission.

Ce jeudi, plusieurs conseillers métropolitains ont tenté, mais en vain, de faire voter un voeu désapprouvant le projet de licenciement du directeur de cabinet, Pierre Gauttieri, pour "rupture de confiance" et non pour "faute".

Mediapart a diffusé des enregistrements audio accablants de deux réunions tenues en novembre 2017 et juillet 2018, avec des échanges très violents entre le maire, son directeur de cabinet et l'ancien premier adjoint au sujet de cette vidéo.

Pour clore le débat et passer à l'ordre du jour, le premier vice-président a fait valoir ce jeudi que Gaël Perdriau "a cette responsabilité de venir nous écouter et de prendre ses responsabilités".

Article original publié sur BFMTV.com