Une chanson douce

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Chaque jeudi, Edouard Philippe, député et maire Les Républicains du Havre, proche d’Alain Juppé, chronique la campagne présidentielle pour Libération.

La politique, c’est une grammaire. Il y a des règles. On n’est pas obligé de toutes les connaître et de toutes les maîtriser pour réussir, et on peut toutes les connaître et toutes les maîtriser et échouer, mais enfin, ces règles existent.

La France aime se présenter comme le pays du cartésianisme. Comme si la géographie hexagonale, presque géométrique, et l’histoire nationale, celle des encyclopédistes et des Lumières, celle des scientifiques qui accompagnaient la Révolution, celle du système métrique, avaient façonné un pays où la raison serait reine et la logique, son bras armé.

C’est un point de vue.

Car, en fait de logique, la grammaire politique, comme toutes les autres, est surtout riche en exceptions et en transgressions. Tellement riche qu’on en viendrait à penser, comme Orsenna le disait à propos de la «chanson douce» qu’est la grammaire française, qu’elle est le «royaume de l’exception» ou, comme Montherlant, que c’est «à l’audace de leurs fautes de grammaire que l’on reconnaît les grands écrivains».

Deux candidats (au moins) s’illustrent dans cette capacité à transgresser les règles.

Mme Le Pen d’abord, qui est une transgression permanente : les Français veulent du sérieux, et elle ne donne quasiment aucune indication sur le financement de son programme ; les Français veulent de l’honnêteté, et elle couvre un système d’emplois fictifs au Parlement européen ; les Français en ont assez des riches qui fraudent, et elle est sous le coup de deux procédures fiscales pour sous-évaluation de son patrimoine ; les Français ne supportent plus les privilèges, et la voilà qui refuse de se rendre à la convocation d’un juge d’instruction en invoquant son immunité parlementaire. Si elle était un temps de la grammaire, elle serait l’imparfait.

Macron, lui, serait le plus-que-parfait. Qui faisait encore quelques fautes d’accord (...)

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