Changement climatique : au potager, il n'y a plus de saisons !

Des étés plus chauds, des précipitations plus rares, une météo erratique… et des radis roses à Noël ! Face à un contexte inédit, les agronomes s'emploient à améliorer la résistance des espèces tandis que les jardiniers multiplient in situ les expérimentations.

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°213 daté avril/ juin 2023.

Plus que tout autre coin du jardin, le potager est un concentré de traditions. Que vous cultiviez quelques pieds de tomate sur un balcon ou une vaste parcelle débordant de légumes chaque été, vous suivez probablement à la lettre les dates de semis d'un antique manuel de jardinage, les sages conseils d'un grand-père, voire appliquez quelques dictons séculaires (surtout, ne rien planter avant les saints de glace !).

Pourtant, ces dernières années, le contexte a profondément changé. Le dérèglement climatique ne provoque pas seulement une hausse moyenne des températures, il modifie également les taux d'ensoleillement, les températures minimales, la fréquence des gelées ou des canicules. Des éléments cruciaux quand il s'agit de faire pousser des légumes… "Les pratiques de nos grands-parents étaient adaptées à un climat stable et régulier qui n'existe plus vraiment aujourd'hui : il faut désormais réapprendre à faire son potager", estime Blaise Leclerc, passé par la recherche en agriculture biologique avant de se consacrer exclusivement à son potager en Provence. "Oubliez tous les dictons, s'exclame pour sa part Didier Helmstetter dans son “ Potager du paresseux”. Les saints de glace, ça n'existe plus !" Ces deux jardiniers, agronomes de formation, se sont posé la même question à travers de récents livres sur le sujet : comment adapter son potager aux changements climatiques présents et à venir ? Une question complexe, sur laquelle la recherche scientifique se penche désormais elle aussi.

"Il y a deux grandes manières de réagir : changer les variétés et les espèces cultivées, ou bien concevoir des systèmes de culture plus résilients et économes en eau. C'est notamment ce que nous faisons ici, en aidant les généticiens à identifier les paramètres à sélectionner pour, par exemple, améliorer la résistance au manque d'eau de certaines plantes potagères", décrit Hélène Gautier[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr