Changement de cap pour la politique agricole allemande : vers la fin de l’élevage intensif ?

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Pour le nouveau ministre allemand de l’Agriculture, Cem Özdemir, il est urgent de mettre fin aux produits alimentaires vendus à prix cassés, car ils sont le résultat de la culture et de l’élevage intensifs. Le sujet est sensible dans un pays où la politique agricole est largement subventionnée. Mais comme il apparaît dans la presse allemande, cette situation ne peut plus durer.

Le quotidien populaire a bien choisi son moment pour publier une interview du nouveau ministre allemand de l’Alimentation et de l'Agriculture : pile entre les deux réveillons, dans l’édition dominicale du 26 décembre 2021. Voilà de quoi faire remarquer les propos un brin provocateurs de Cem Özdemir (Verts), premier ministre fédéral d’origine turque, qui n’entend guère se plier aux conventions, comme il l’a montré en arrivant à vélo pour la passation de pouvoir. La trêve des confiseurs et sa déferlante de victuailles donne à ce végétarien l’occasion de jeter un pavé dans la mare. En annonçant les chantiers qui l’attendent, il lui suffit en effet d’une phrase – "il n’est plus question de vendre les produits alimentaires à prix cassés" – pour réduire à néant tout un modèle économique qui a fait son temps et prouvé sa nocivité. Se qualifiant de "protecteur suprême des animaux de ce pays", le ministre sonne le glas de l’élevage intensif, un mode de production qui ruine les agriculteurs, augmente la cruauté envers les animaux et nuit au climat. Afin de réaliser les promesses électorales des Verts allemands, il entend mettre fin à la politique cosmétique du gouvernement précédent et agir enfin efficacement : garantir de bonnes conditions d’élevage en réduisant les cheptels ; supprimer la maltraitance envers les animaux en instaurant des peines dissuasives et en installant la vidéosurveillance dans les abattoirs ; augmenter la part de surfaces agricoles cultivées en mode biologique en garantissant des achats publics.
Dans un pays où plus de la moitié des adultes sont en surpoids, force est de constater que trop d’Allemands se nourrissent mal, poursuit Cem Özdemir. Comme les produits finis sont en cause, son mode d’action reposera sur la contrainte et non plus sur les engagements volontaires de la part des industriels ; il souhaite ainsi interdire la publicité pour des aliments malsains à destination des enfants. Dernier chantier évoqué : la mise en place de plantations d[...]

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