Champs-Elysées: gardes à vue levées pour les trois proches du tueur

Des policiers près des Champs-Elysées à Paris, le 20 avril 2017

Paris (AFP) - Les gardes à vue de trois proches de Karim Cheurfi, qui a tué jeudi soir sur les Champs-Elysées un policier et en a blessé deux autres avant d'être abattu, ont été levées samedi soir, a-t-on appris de source judiciaire.

Ces personnes font partie de l'entourage du tueur et se trouvaient aux domiciles perquisitionnés par les enquêteurs durant la nuit de jeudi à vendredi.

"Leurs auditions ont notamment permis de recueillir un certain nombre d'éléments sur le profil et la personnalité de l'assaillant", a relevé une source proche de l'enquête. Un de ses anciens avocats, Jean-Laurent Panier, avait décrit à l'AFP un homme "très solitaire" et "introverti".

"A ce stade, les investigations n'ont pas établi qu'il aurait pu bénéficier de complicités, mais elles se poursuivent", a souligné la source proche de l'enquête.

Les enquêteurs cherchent aussi à retracer l'origine des armes: Karim Cheurfi a utilisé un fusil automatique de type kalachnikov pour tirer sur les policiers et un fusil à pompe, deux gros couteaux ainsi que des munitions ont été retrouvées dans son véhicule.

Le Français de 39 ans avait un lourd passé judiciaire, avec notamment une condamnation pour tentatives de meurtres sur des policiers, mais il n'était pas fiché S" (menace pour la sûreté de l'Etat).

Pendant les années passées en détention, presque 14 ans, il n'avait pas présenté de "signes de radicalisation ou de signes de prosélytisme", a fait savoir vendredi le procureur de Paris, François Molins.

"Un message manuscrit défendant la cause de Daech", acronyme en arabe du groupe jihadiste Etat islamique, a toutefois été retrouvé sur un papier près de son corps, a ajouté le procureur.

Libéré en octobre 2015, après une quatrième condamnation pour vol aggravé, Cheurfi était depuis suivi par un juge d'application des peines.

Il avait été placé en garde à vue en février après avoir affirmé à un proche vouloir "tuer des policiers en représailles de ce qui se passait en Syrie" et cherché à se procurer des armes, mais avait été relâché, faute de preuves.

L'attaque de jeudi a été presque aussitôt revendiquée par l'EI, à l'origine de la plupart des attentats qui ont fait 239 autres morts depuis 2015 en France.

Mais cette revendication intrigue, l'EI ayant donné une identité du tueur, "Abu Yussef le Belge", qui semble différer de celle de Karim Cheurfi.

La fin de la campagne électorale a été bouleversée par cet attentat sur la plus célèbre avenue de Paris, juste avant le premier tour prévu dimanche de l'élection présidentielle.

D'autant que cette fusillade a eu lieu deux jours après l'arrestation à Marseille de deux hommes soupçonnés d'avoir projeté de commettre un attentat "imminent". Samedi, les gardes à vue de ces deux suspects ont été prolongées au-delà des 96 heures, de manière exceptionnelle.

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