Chômage des jeunes: le gouvernement renforce le dispositif des «emplois francs»

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En France, on connaîtra ce mardi à la mi-journée les chiffres du chômage pour le 3e trimestre. Ils seront forcément marqués par le coup d'arrêt causé par la pandémie de Covid-19. Pour y rémedier, l'État tente de favoriser l'emploi des jeunes, notamment ceux issus des quartiers de la politique de la ville. Le dispositif « emplois francs » a été généralisé cette année et vient d'être prolongé d'un an. Reportage dans un restaurant de Nanterre, dans le nord de Paris.

Le service du midi vient de se terminer au restaurant syrien Jouri où Steve, 20 an,s est devenu le roi du « fatet maqdous » : « sésame, sauce tomate, aubergine grillée... », explique le jeune homme.

Repéré par la mission locale, Steve a été embauché en CDI cette année grâce à ce dispositif. « Je n'avais pas d'expérience du tout, du coup avoir un CDI comme ça... On va dire j'ai été chanceux. Il faut juste saisir la chance et puis voir où ça nous mène », commente le jeune homme.

Donner leur chance à des jeunes du quartier dont l'adresse est souvent un frein à l'embauche et obtenir un coup de pouce de l'État pour ça, pour le gérant Adev Hoorpah, c'était tout décidé.

« C'est un atout de pouvoir travailler avec des gens sur lesquels on peut compter et qui ne sont pas contraints par les horaires. En plus il y a ce dispositif, c'est doublement bénéfique pour nous. Quand ils viennent ils ne sont pas en mesure de repondre à nos besoins et nous on prend le temps de les accompagner, les former. L'investissement, c'est plutôt dans le temps. Il faut plus de temps pour les rendre opérationnels comme on le souhaite. »

L'expérience n'est pas toujours concluante, reconnaît le restaurateur. Mais il faut miser sur le long terme. En attendant une nouvelle embauche, trois jeunes sont aujourd'hui en CDI, à temps partiel, Covid oblige.

Le dispositif « emplois francs » permet aux employeurs de bénéficier d'une aide de 5 000 euros par an pendant 3 ans s'ils embauchent en CDI un jeune de ces quartiers, qu'il soit inscrit à Pôle emploi ou dans une mission locale.

Expérimentée depuis avril 2018 dans une dizaine de zones, la mesure avait été généralisée en 2020 à l'ensemble des 1 500 quartiers prioritaires pour amplifier des résultats quantitatifs modestes.

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