Le chômage et le jeu de chaises musicales

Libération.fr

En période de crise, l’offre de travail n’est pas extensible, il est donc inutile d’aider les uns ou les autres à rechercher un emploi. En revanche, allonger la durée d’indemnisation, comme aux Etats-Unis, n’est pas un mauvais pari.

Emmanuel Macron, en tête du premier tour de la présidentielle, propose de durcir le contrôle de la recherche d’emploi des chômeurs. Faciliter le retour à l’emploi d’un chômeur va-t-il diminuer le chômage dans l’économie ? Pas forcément ! Le chômage peut être vu comme un jeu de chaises musicales : un chômeur qui trouve un emploi prend la place d’un autre chômeur qui, lui, reste sans emploi. Ce phénomène est particulièrement important pendant une crise économique, lorsqu’il y a peu d’emplois disponibles.

En France, les jeunes ont des difficultés à s’insérer sur le marché du travail. Pour répondre à ces difficultés, l’ANPE, devenue Pôle Emploi, a mis en place un service d’assistance à la recherche d’emploi en 2007. Ce service était destiné à des jeunes au chômage depuis au moins six mois. La question est de savoir si ce service a vraiment contribué à diminuer le chômage des jeunes.

Pour répondre à cette question, une équipe de chercheurs (Bruno Crépon, Esther Duflo, Marc Gurgand, Roland Rathelot et Philippe Zamora) a lancé une expérimentation. Dans chaque région française, des jeunes ont été tirés au sort pour recevoir ces services d’aide à la recherche d’emploi. Les chercheurs ont varié la proportion de jeunes qui ont reçu ces services dans chaque région pour voir si étendre le service à tous les jeunes était préférable à un saupoudrage des aides.

Les jeunes aidés ont effectivement retrouvé un emploi plus vite que ceux qui n’avaient pas reçu ces aides. Le problème, c’est que ceux qui n’avaient pas reçu d’aide ont eu plus de mal à retrouver un emploi. C’est exactement le phénomène des chaises musicales. A cause de ce phénomène, étendre l’aide à la recherche d’emploi à tous les jeunes ne diminuerait probablement pas le chômage des jeunes. Si on (...)

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