«Le chômage en France est une conséquence des politiques monétaires européennes»

Sugy, Paul
Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne. / DANIEL ROLAND/AFP

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Pour Sébastien Laye, chercheur associé à l’Institut Thomas More, la Banque centrale européenne ne doit pas se contenter de stabiliser des prix, mais doit aussi assurer la croissance et le plein-emploi.

Ancien élève d’HEC et de Sciences Po Paris, Sébastien Laye est entrepreneur et chercheur associé à l’Institut Thomas More. Il a publié avec Didier Long une note intitulée «Les causes monétaires de l’échec économique français».

FIGAROVOX.- Par définition, la politique monétaire est la même partout dans la zone euro ; pourtant, la France est l’un des pays dont le taux de chômage est le plus élevé. Comment expliquez-vous ce chômage structurel?

Sébastien LAYE.- Dans notre travail, nous constatons le sous dimensionnement de l’économie française. Celui-ci, avec un déficit d’investissement productif et le chômage de masse qui en découle, n’est pas dû uniquement à un droit du travail archaïque ou aux habituels obstacles structurels dénoncés souvent à juste titre par les auteurs libéraux ; en réalité, notre État-providence ne fonctionne plus, car il repose sur un nombre sans cesse décroissant d’actifs. Le chômage de masse est donc au cœur des problèmes de l’économie française.

À l’origine du sous-dimensionnement de notre économie, une politique monétaire inadaptée pèse sur la compétitivité et les marges des entreprises. L’union monétaire européenne a été créée pour faire converger les politiques économiques des États, et pour que la France et les pays du Sud, qui connaissaient une inflation importante, s’arriment à l’Allemagne. C’est un double échec: non seulement il y a eu peu d’appétence pour une union politique complète, mais l’Allemagne a continué à avoir une inflation domestique significativement inférieure à celle de la France ou des autres pays du sud de l’Europe. La politique de modération salariale de Schröder au début des années 2000 a même accentué ce phénomène intrinsèque. Avant la mise en place de l’euro, ce différentiel d’inflation (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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