Chômage: le quinquennat Hollande s'achève sur une note amère

Juliette COLLEN
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Après la hausse de juillet, le nombre de chômeurs a poursuivi sa hausse en août ("22.300, "0,6%), s'établissant en fin de mois à 3,54 millions de personnes en métropole, a annoncé mardi le ministère du Travail

Après la hausse de juillet, le nombre de chômeurs a poursuivi sa hausse en août ("22.300, +0,6%), s'établissant en fin de mois à 3,54 millions de personnes en métropole, a annoncé mardi le ministère du Travail

Paris (AFP) - Un coup dur pour le bilan de François Hollande: le chômage a connu en mars sa plus forte hausse en quatre ans, pour s'établir à 3,51 millions, ce qui vient éclipser l'embellie de 2016 et laisse une situation difficile au futur président.

Après une légère baisse en février, le nombre de chômeurs inscrits à Pôle emploi a grimpé de 43.700, soit une augmentation de 1,3%, pour s'établir à 3,51 millions en métropole, et à 3,77 millions en comptant l'Outre-mer, a annoncé le ministère du Travail, qui commentait pour la dernière fois la statistique mensuelle.

Ce résultat, le plus mauvais depuis septembre 2013 (BIEN septembre), assombrit la tendance sur les trois premiers mois de l'année, avec 41.000 chômeurs supplémentaires depuis janvier.

Il ternit l'inversion de la courbe, promise depuis 2013 par François Hollande, et qui s'était enfin amorcée en 2016, avec 105.400 chômeurs de moins.

Depuis le début de son quinquennat, 585.000 demandeurs d'emploi sans activité ont grossi les rangs de Pôle emploi. Le mandat de son prédécesseur Nicolas Sarkozy en avait enregistré 745.000 de plus.

"La bonne dynamique de 2016 s'est un peu infléchie", reconnaît-on au ministère du Travail, même si, comme le dit le Medef, "la tendance globale est à la baisse".

La hausse de mars est essentiellement due au fait que de nombreux contrats courts n'ont pas été renouvelés, faisant basculer des personnes exerçant une petite activité dans la catégorie des chômeurs sans aucune activité.

Ainsi, en comptant les demandeurs d'emploi exerçant une petite activité, les statistiques reculent sur un mois de 0,2%, avec 5,5 millions de personnes, mais elles augmentent sur un an.

Le nombre de chômeurs a continué à se dégrader chez les seniors, ("1,1% sur un mois, "3,7% sur un an). Les moins de 25 ans, qui ont connu des mois d'embellie, n'ont pas été épargnés cette fois, avec une hausse de 1,2% sur un mois mais un recul de 5,8% sur un an.

- Antipodes -

La ministre du Travail Myriam El Khomri souligne que, malgré l'envolée, le nombre d'entrées à Pôle emploi a "une nouvelle fois" diminué "fortement (-3,1%)", tandis que "les sorties pour motif de reprise d'emploi progressent encore (+0,5%) et se maintiennent depuis huit mois à un niveau très élevé".

Ces mouvements sont "caractéristiques des périodes de reprise économique", explique le ministère, faisant valoir que les autres indicateurs du marché du travail sont au vert: nombre record de créations d'emplois en 2016 depuis 2007, déclarations d'embauche au premier trimestre 2017 à un plus haut historique... Mais leur effet sur la courbe se fait attendre.

"Le nombre de création d'emplois a permis de faire baisser le chômage en 2016, mais de manière extrêmement légère au regard de notre population active", analyse Mathieu Plane, de l'OFCE. Pour l'économiste, "si en 2017 on veut avoir une baisse du chômage, il va falloir un relais plus fort sur la croissance".

"L'envolée du chômage en mars montre l'échec spectaculaire de la politique économique du quinquennat Hollande-Macron", a tweeté la candidate du Front national (FN) à l'Elysée Marine Le Pen.

La CGT s'en est pris aux "politiques d?austérité qui font le lit du FN".

De son côté, le président du Sénat, Gérard Larcher (LR), a dénoncé "le grand échec de Hollande".

Quel sera le scénario pour le futur locataire de l'Elysée? L'Insee table sur une poursuite de la baisse du taux de chômage, qui passerait de 9,7% à 9,5% au premier semestre. Plus pessimiste, l'Unédic, gestionnaire de l'assurance chômage, table sur 47.000 chômeurs supplémentaires.

Mais ces prévisions risquent d'être remises en cause par la politique économique du prochain chef de l'Etat. Les recettes d'Emmanuel Macron et de Marine Le Pen sont aux antipodes.

Le candidat d'En marche! table sur un retour au plein emploi (7% de chômage en fin de quinquennat), à travers des mesures libérales comme les baisses de charges pour les entreprises, et sur une généralisation de l'assurance chômage moyennant un contrôle accru des chômeurs.

La candidate d'extrême droite mise, elle, sur la "priorité nationale à l'emploi et au patriotisme économique", en défendant le "rétablissement d'une monnaie nationale", avec notamment une taxe sur l'embauche de salariés étrangers. Une politique "contraire à l'emploi", avertit Pierre Gattaz (Medef).

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