«C'est une trahison»: au Soudan, les manifestants contestent l'accord signé entre civils et militaires

REUTERS - MOHAMED NURELDIN ABDALLAH

L'accord signé au Soudan a suscité un fort rejet dans les rues du pays. Lundi 5 décembre, des milliers de manifestants ont estimé ne pas se sentir représentés par ce texte.

Avec notre correspondant à Khartoum, Eliott Brachet

Au milieu des gaz lacrymogènes et des pneus brûlés, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues, comme Sana Omar. « Ce qui se passe aujourd’hui, c'est une trahison de la part des partis politiques », s’indigne-t-elle, estimant qu’ils ont « négocié au nom du peuple soudanais pour signer avec les militaires qui ont tué nos frères et volé notre révolution ».

« Je suis déprimée. On n’a pas eu notre mot à dire, on n’a pas été consulté pour savoir qui nous représenterait. Ils se sont arrangés entre eux et ont signé un accord sous la table », ajoute-t-elle.

Pour Nouraï, étudiant, rien ne garantit que cet accord sera respecté par les généraux signataires. Selon lui, la confiance avec l’armée est brisée. « On a déjà signé avec eux par le passé et ils ont renversé le gouvernement civil. Aujourd’hui, cet accord permet aux militaires de rester d’une manière ou d’une autre au pouvoir », s’indigne-t-il.

Selon lui, cet accord « est un blanc-seing pour qu’ils répriment des manifestants ». Et d’ajouter : « On a débuté cette révolution contre le pouvoir militaire. Est-ce qu’on s’est battu pour rien ? Nos frères sont-ils morts pour rien ? Notre première demande, c’est la justice pour nos martyrs tombés depuis 2019 ».


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