C'est le temps des trahisons...

         Inferno, Chant 31 : Éphialtès enchaîné parmi les géants, gravure de Gustave Doré tirée de La Divine Comédie, de Dante (1885). - Credit:Credit: bilwissedition Ltd. & Co. KG / Alamy Stock Photo
Inferno, Chant 31 : Éphialtès enchaîné parmi les géants, gravure de Gustave Doré tirée de La Divine Comédie, de Dante (1885). - Credit:Credit: bilwissedition Ltd. & Co. KG / Alamy Stock Photo
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« Il n'y a pas de place pour les traîtres », lance froidement Valérie Pécresse à l'encontre d'Éric Ciotti, président d'un parti qui va s'allier avec un autre à quelques semaines d'un scrutin décisif pour sa famille politique. Éric Zemmour, lui, attribue la première place du podium à Marion Maréchal, partie rejoindre le Rassemblement national : « C'est le record du monde de la trahison. » Le mot ne s'entend pas encore à gauche – où l'on préfère parler de « purge » –, mais cela ne saurait tarder : la traîtrise est dans l'air. Normal, en temps de guerre. La Grèce antique a connu de grands traîtres : Alcibiade, le petit prince d'Athènes qui se rangea du côté des Spartiates, puis d'un satrape perse, en est un. Thémistocle, qui rallia lui aussi le camp perse, en est un autre. Mais c'est Éphialtès qui détient la palme de la perfidie pour avoir permis aux Perses, encore eux, de massacrer ses compatriotes, en 480 avant notre ère. Alors que 300 valeureux Spartiates conduits par Léonidas barraient la route aux ennemis en défendant l'étroit défilé des Thermopyles, cet Éphialtès, qui était du coin, indiqua aux envahisseurs un itinéraire bis. Ce fut un bain de sang. Chez les Romains, on précipitait les traîtres du haut de la fameuse roche Tarpéienne. On ne voudrait donner d'idées à personne.