"C'est un peu comme déposer des fleurs sur sa tombe" : l'artiste C215 dessine une fresque géante à la mémoire d'une caissière morte du coronavirus

franceinfo

De grands pochoirs sont plaqués contre le mur. Des jets de peintures sortent de la bombe, le visage d'Aïcha Issadounène, première victime du coronavirus parmi les caissières du groupe Carrefour décédée à l'âge de 52 ans, prend forme.

Ses cheveux bouclés, ses lunettes ovales, son collier autour du coup. Nora, sa petite soeur, se retient pour ne pas pleurer. "C'est beau, c'est magnifique, c'est un bel hommage. On a l'impression qu'elle est là", dit-elle émue. "Elle a grandi ici, elle est née ici. Toute son enfance, toute sa scolarité, toute sa vie était à Saint-Ouen. Elle aurait été fière, c'est une belle récompense." Le dessin est à trois mètres de haut. Il attire l'oeil avec ses traits roses et bleus qui entourent le visage de cette caissière.


Frédérique va passer tous les jours devant cette fresque. "Il n'y a pas eu que les infirmières. Il y a quand même des gens qui ont continué à servir, à vendre les produits, sans forcément les protections qu'il fallait. On les a condamnés", déclare-t-il. "Moi qui suis de Saint-Ouen, je ferai en sorte que tous les gens que je connaisse puissent voir ce visage. Qu'ils sachent qui était cette femme", insiste Frédérique.


"La mémoire de ceux qui l'ont aimée"

Aïcha était serviable, attachante et bienveillante racontent ses proches. "Moi je ne peux pas regarder", déclare un homme très touché. "Vous avez le temps de le regarder, (...)

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