C'est la plus lointaine collision de quasar jamais observée !

Laurent Sacco, Journaliste
·2 min de lecture

Cela fait environ 60 ans que l’on a découvert les quasars et très rapidement on a pensé qu’il devait s’agir d’astres exotiques que l’on ne pouvait comprendre sans les équations de la théorie de la relativité générale. Une décennie plus tard, l’idée qu’il devait s’agir de trous noirs supermassifs accrétant d’importantes quantités de matière a commencé à s’imposer, ce qui laissait déjà penser que beaucoup, sinon toutes les galaxies géantes devaient posséder un tel trou noir en leur cœur.

L’essor de l’astronomie observationnelle et en particulier grâce au programme des Grands observatoires de la Nasa, qui comprenait quatre télescopes spatiaux spécialisés dans des bandes de longueurs d'onde données et qui ont été lancés au cours des années 1990 essentiellement, n’a fait que confirmer ces idées. Parmi ces télescopes il y a bien sûr Hubble, qui observe dans le visible, l'ultraviolet et l'infrarouge proche, et Chandra, qui regarde le cosmos dans le domaine des rayons X (CGRO et Spitzer exploraient respectivement l'Univers dans les domaines gamma et infrarouge).

Curieusement, une relation de proportionnalité entre la masse des trous noirs supermassifs et la taille des galaxies les abritant a été établie dans beaucoup de cas. Cela impliquait donc que les galaxies et les trous noirs supermassifs croissaient de pair. On ne pouvait donc pas comprendre l’évolution des galaxies sans comprendre déjà la naissance puis la croissance des trous noirs supermassifs. Simultanément, on s’est mis à soupçonner un lien entre le souffle des trous noirs en mode quasar et le fait que de nombreuses galaxies soient si l’on peut dire « mortes », c’est-à-dire ayant perdu précocement une grande partie de leurs réserves de gaz, ce qui a largement stoppé la formation de nouvelles étoiles. Peut-être que ce gaz avait été éjecté par le souffle des quasars, la pression du rayonnement intense qu'ils produisent.


Jean-Pierre Luminet, directeur de recherche au CNRS et Françoise Combes, professeur au Collège...

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