"C'est inoubliable ce qu'il s'est passé", témoigne Yvonne Salamon, rescapée de Bergen-Belsen

Dans son récit, Yvonne Salamon va directement aux faits, et le clame aujourd'hui : elle ne retournera jamais en Allemagne, en Pologne. Elle ne pardonnera jamais non plus. "Paul Ricœur, le philosophe disait : 'Ce qui est inoubliable est impardonnable', et pour moi, c'est inoubliable ce qu'il s'est passé. À Nuremberg, il y a eu des acquittements tout de même", rappelle la rescapée du camp de Bergen-Belsen. Elle y est née en octobre 1944, c'est sa mère qui a été arrêtée et qui l'a "cachée" dans son ventre. "Elle avait déjà eu deux enfants, elle était sage-femme et faisait beaucoup d'accouchements. Pendant la guerre, elle accouchait des femmes juives quand elle était résistante", se rappelle-t-elle de sa mère. Un carré de chocolat En enquêtant, elle a retrouvé quelqu'un qui lui a parlé de son enfance, à savoir Francine Christophe. "Au milieu de tant de barbarie, il y a eu des gens magnifiques avec une humanité inouïe, notamment Marcelle Christophe et sa fille Francine qui avait 11 ans. Comme ils étaient prisonniers de guerre, on leur avait autorisé à amener du chocolat ou lait en poudre dans le camp", raconte Yvonne Salamon. "La mère et la fille avaient gardé un carré de chocolat. Ma mère est sortie accoucher toute seule, elle y est arrivée et Marcelle Christophe est venue et lui a donné un petit carré de chocolat même si elles mourraient de faim. Sa fille a dit oui", se remémore Yvonne Salamon qui a retrouvé Francine.