"C'est complètement irréel": le témoignage de la sœur de Benjamin Brière, détenu en Iran depuis 20 mois

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Benjamin Brière - AFP PHOTO / Saeid Dehghan's Twitter account
Benjamin Brière - AFP PHOTO / Saeid Dehghan's Twitter account

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Une prise de parole qui sonne comme un cri de désespoir. Celui d'une sœur, impuissante face à l'incarcération de son frère depuis 20 mois dans une prison iranienne. Pour BFMTV, Blandine Brière, la sœur de Benjamin Brière, est revenue sur la situation de son frère, qui a récemment entamé une grève de la faim. "Benjamin est simplement un touriste aujourd'hui pris en otage par les autorités iraniennes", déplore la jeune femme.

Arrêté en mai 2020 pour avoir pris, à l'aide d'un drone de loisir, des "photographies interdites" d'un parc naturel en Iran, Benjamin Brière, 36 ans, est actuellement le seul occidental connu ne possédant pas de passeport iranien détenu dans une prison du pays. Le régime des mollahs lui reproche d'être un espion, et d'avoir fait de la "propagande". Des accusations totalement infondées selon sa sœur.

"C'est complètement irréel et complètement infondé surtout, parce que Benjamin n'est évidemment pas un espion, et évidemment pas un agent de quelconque service. On est complètement dépassé et désemparé face à des accusations pareilles", déplore la jeune femme.

Des accusations passibles de la peine de mort

En plus d'un an et demi de détention, Benjamin Brière n'a pas été présenté une seule fois devant un juge. Et l'accusation d'espionnage est passible de la peine de mort en Iran.

Sa sœur est également inquiète des conditions de détention dans lesquelles est placé son frère. La grève de la faim de Benjamin Brière a notamment été motivée par le refus qui lui a été fait de contacter sa famille pour les fêtes de Noël mais également pour dénoncer les maltraitances subies.

"Il est dans un endroit où personne ne parle sa langue. Il essaie de s'exprimer tant bien que mal en farsi avec les quelques mots qu'il apprend... Il est avec énormément de monde dans une cellule, avec des codétenus qui peuvent être condamnés à mort ... Il y a une atmosphère vraiment particulière qui se dégage de ça", évoque Blandine Brière. 876450610001_6256876979001

"Politique de prise d'otages"

La jeune femme a écrit à Emmanuel Macron pour demander de l'aide. Le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères lui a récemment répondu, assurant avoir des contacts réguliers avec Benjamin Brière au titre de la protection consulaire.

Sur son site, le Quai d'Orsay déclarait le 27 décembre: "Depuis son arrestation, des membres du ministère à Paris et Téhéran ont surveillé la situation de près. M. Brière a reçu la protection consulaire garantie par la Convention de Vienne du 27 avril 1963. Sous les termes de cet accord, notre ambassade a maintenu un contact régulier avec lui. Il a reçu une visite consulaire le 21 décembre, et a été contacté par notre ambassade aujourd'hui".

Benjamin Brière avait commencé un long périple en van en 2018. Il est aujourd'hui détenu à la prison de Valikabad, à Mashhad, dans le nord-est de l'Iran. Téhéran retient plus d’une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, pour la plupart des binationaux. Une situation présentée par des ONG comme une politique de prise d’otages destinée à obtenir des concessions des puissances étrangères, analysait récemment l'Agence France Presse.

Article original publié sur BFMTV.com

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