«C'est une chance d'être né dans un milieu populaire», assure Christophe Guilluy

"Ils subissent un éloignement géographique, social, politique et culturel. Ils sont la majorité. Ils sont à l’origine de toutes les contestations actuelles, qui ne ressemblent à aucun des mouvements sociaux des siècles passés. Ils sont les dépossédés", écrit Christophe Guilluy , dans son essai Les dépossédés, publié aux éditions Flammarion. Invité d'Europe Matin mercredi, le géographe revient avec ce nouvel essai et dresse un nouveau diagnostic sur le devenir des classes populaires et moyennes. "Je dis toujours : on peut naître en milieu populaire, vivre en milieu populaire, et mourir en milieu populaire et réussir sa vie. C'est une chance d'être né dans un milieu populaire", a-t-il dit au micro d'Europe 1.

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"La contestation est nourrie par de l'immatériel"

Les "dépossédés" sont une majorité de citoyens que l'auteur qualifie de majorité ordinaire qui n'entend plus se laisser dicter les règles et leur comportement. Un concept qui permet d'analyser et de décrire la nature des mouvements de contestation en Occident depuis une trentaine d'années. "Quel est le point commun de tout cela ?" s'est-il interrogé. "Il y a quelque chose de différent par rapport aux mouvements sociaux du 19e siècle, du 20e siècle. À l'époque, les gens manifestaient pour obtenir de nouveaux droits, des meilleures conditions de travail, des meilleurs salaires, mais aujourd'hui la contestation n'est pas nourrie spécifiquement par du matériel...


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