"C'est le bazar": les directeurs d'école face au casse-tête de la rentrée

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Enseignants absents, élèves malades ou cas contact, classes fermées... Au lendemain de la rentrée scolaire, les directeurs d'école doivent déjà faire face au casse-tête du variant Omicron dans leurs établissements et d'un protocole sanitaire qui multiplie les tests.

"J'ai eu une rentrée particulièrement complexe hier avec l'absence de trois enseignants qui n’étaient pas remplacés. Il a fallu que je renvoie à peu près 80 élèves chez eux", témoigne David Planche, directeur d'une école élémentaire à Fontenay-aux-Roses, dans les Hauts-de-Seine.

"Dans la journée, l'inspection m'a envoyé deux remplaçants, et donc j'ai rappelé les parents", poursuit-il. "Puis un enfant qui était présent hier a été testé positif le soir, et donc il a fallu demander à tous les élèves d'aller se faire tester (...) Cerise sur le gâteau aujourd'hui, un certain nombre d'animateurs sont touchés par le Covid, donc il n'y a pas eu de cantine. Il a fallu aussi écrire aux parents".

"J'ai l'impression d'avoir fait trois semaines de travail, et pourtant on a fait une journée et demie !", résume ce responsable départemental du syndicat SE-Unsa.

"On est sous l'eau dès le deuxième jour. Je suis débordé", renchérit le directeur d'une école maternelle parisienne.

Les directeurs vivent depuis lundi comme les enseignants et parents une rentrée des classes sous tension avec le variant Omicron, qui fait redouter un mois de janvier très perturbé.

Selon le nouveau protocole sanitaire dans les écoles, dévoilé dimanche, le niveau 3 (sur 4) est maintenu dans les écoles élémentaires, tout comme le niveau 2 dans les collèges et lycées, afin de réduire le brassage entre les classes et les niveaux.

Mais le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer a décidé de soumettre désormais les élèves à trois tests en quatre jours s'il y a un positif dans la classe, des changements qui alourdissent encore les tâches pour les écoles, d'autant que les cas de Covid sont nombreux, tant chez les enseignants que chez les élèves.

- "Stress énorme" -

"Depuis deux jours, j’établis des listes, avec les enfants cas contact, ceux qui étaient cas positifs du centre de loisirs la semaine dernière...", raconte Marie-Hélène Plard, directrice d'une école maternelle à l'Ile-Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) et responsable du syndicat enseignant SNUipp-FSU.

"C'est totalement une usine à gaz", estime-t-elle. "Rien qu'à l'échelle de mon école, ça va vite devenir ingérable".

Autre changement dans le protocole, il n'y a plus de fermeture de classe dès que l'on atteint trois cas de Covid, mais seulement "en fonction de la situation", selon le ministère. Une situation qui rajoute de l'incertitude pour certains directeurs, car "au moins les trois cas, ça avait le mérite d'être assez clair", juge David Planche.

Les directeurs d'école doivent aussi expliquer les nouvelles règles aux parents et faire face parfois leur mécontentement lors des annonces de fermetures de classes ou de tests à faire ou de vérifications de ces tests.

"Ca génère un stress énorme et on ne sait pas comment gérer ça devant le portail", indique Emmanuelle Maray, directrice d'école primaire en Ille-et-Vilaine et représentante SNUipp-FSU. "C'est le bazar dans les écoles", constate-t-elle.

"On se retrouve face à des parents très circonspects quand on leur annonce le nouveau protocole", renchérit Faustine Ottin, directrice d'une école élémentaire à Bruay-sur-l'Escaut (Nord), confrontée à "beaucoup d'absences et d'enfants qui se font tester".

Les directeurs s'inquiètent aussi de conditions d'apprentissage dégradées, car "gérer les allées-venues en permanence ne permet pas que l’école fonctionne normalement", souligne Marie-Hélène Plard.

"C'est des adaptations permanentes", avec des enseignants qui jonglent déjà parfois entre présentiel et enseignement à distance quand la classe ferme, indique de son côté David Planche. "Il va falloir trouver un mode de fonctionnement, parce que les enseignants ne peuvent pas faire les deux".

Pour Emmanuelle Maray, la situation après près de deux ans de Covid, est "usante" et "l'épuisement vraiment réel". "Comment on va tenir?", s'interroge-t-elle.

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