César 2020: pour Leïla Slimani, "le silence c’est terminé"

Leila Slimani a quitté la cérémonie des César dans la foulée d'Adèle Haenel. (Photo: AFP)

CÉSAR - 48h après le sacre de Roman Polanski, le choix de l’Académie des César continue de faire réagir. Ce lundi 2 mars, l’écrivaine Leïla Slimani témoigne sur France Inter d’un “moment tout à fait particulier, une sorte de révolution culturelle”. Elle raconte avoir elle-même quitté la salle Pleyel dans les pas d’Adène Haenel et Céline Sciamma lors de cette 45e édition de la grand-messe du cinéma qui s’est déroulée vendredi.

“On est dans un changement de paradigme. Choisir son camp, là, c’est dire: ça n’est plus comme avant, ça ne va plus être possible, le silence c’est terminé”, assure l’autrice du best-seller Chanson douce, qui vient de publier son nouveau roman Le Pays des autres.

Mais pour Leïla Slimani, le problème est bien plus large que celui de voir Roman Polanski, accusé de viol par une dizaine de femmes, récompenser d’un César pour son film “J’accuse”.

“Il faut briser la malédiction de ne pas être crue. Ce qui pose problème, ce n’est pas tant les César, c’est un problème de société plus général. Cette impunité dont cet homme et tous les hommes bénéficient: des entraîneurs sportifs, des écrivains, des chefs d’entreprise... Une société est malade quand la justice n’est pas rendue, quand elle a le sentiment que les victimes se défient de la justice”, poursuit-elle au micro de France Inter.

Leïla Slimani voit néanmoins le signe d’une avancée dans toutes les prises de parole qui ont suivi cet événement, de la secrétaire d’État Marlène Schiappa à l’actrice Sara Forestier en passant par la tribune au vitriol de l’autrice féministe Virginie Despentes. “On devrait aussi se réjouir ce matin, se dire: ça y est, ça commence. Il y a des choses qui ne sont plus possibles”, assure la romancière évoquant notamment les archives d’interviews de Gabriel Matzneff revues à l’aune de 2020. “Il y a dix ans, quinze ans, un homme comme Matzneff pouvait aller dans l’émission de Pivot et tout le monde l’applaudissait et trouver ça drôle, aujourd’hui ça n’est plus possible.”

Et de conclure avec optimisme: “Ce matin, on se lève et on n’accepte plus des choses acceptables jusqu’à il n’y a pas si longtemps.”

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