Comment le cerveau réagit-il lorsqu’on maîtrise plusieurs langues ?

Photo Gordon Johnson / Pixabay / CC

Si vous vivez dans un pays non francophone, vous avez probablement déjà fait l’expérience de devoir jongler entre plusieurs langues. Vous parlez parfaitement la langue de votre pays d’accueil mais, sans le vouloir, c’est parfois du français ou une autre langue qui sort de votre bouche. C’est le cas de la journaliste Nicole Chang. Elle a donc décidé de se pencher sur l’impact de la maîtrise de plusieurs langues sur notre cerveau sur le site de la BBC.

“On sait que, en tant que bilingue ou polyglotte, à chaque fois que vous parlez, toute langue que vous maîtrisez est activée. Par exemple, si vous parlez français et anglais, si vous voulez dire le mot ‘dog’ la traduction de ce mot, ‘chien’, est aussi activée [dans votre cerveau],” explique Mathieu Declerck, chercheur à l’université Vrije Universiteit, à Bruxelles. Ce qui explique que les langues puissent se mélanger lorsque vous parlez, sans que vous vous y attendiez.

Pour éviter ce genre d’erreurs, les polyglottes ont la faculté de bien faire la séparation entre leurs différentes langues. Pour cela, ils parviennent à supprimer la langue non pertinente pour eux lorsqu’ils s’expriment grâce au “concept d’inhibition”, précise la journaliste. C’est lorsque ce contrôle mental permanent fait défaut que les mélanges apparaissent.

“L’inversion de la langue dominante”

Les situations dans lesquelles les polyglottes doivent alterner entre plusieurs langues sont souvent recréées par les chercheurs afin d’en apprendre plus. C’est ce qu’a fait Tamar Gollan, professeure en psychiatrie à l’université de Californie à San Diego. Elle a demandé à des personnes bilingues en espagnol et en anglais de lire à voix haute des paragraphes dans lesquels les deux langues étaient mélangées. Même avec les textes sous les yeux, les participants faisaient toujours des erreurs en introduisant un mot de la mauvaise langue dans leur lecture.

D’ailleurs, ce type d’erreur apparaissait plus fréquemment en anglais alors que c’était la langue dominante des participants. Tamar Gollan parle alors d’“inversion de la langue dominante”. Cet effet peut apparaître lorsqu’on apprend une deuxième langue. Il peut alors devenir plus difficile d’accéder aux mots de notre langue natale. Dans une conversation, les bilingues peuvent, si besoin, inhiber leur langue dominante. Les expériences de l’enseignante ont également permis de faire une autre observation : “Parfois, les bilingues vont donner le bon mot mais avec le mauvais accent”, souligne-t-elle. Et la même chose peut arriver au niveau de la grammaire.

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