Et le cerveau moderne fut…

·2 min de lecture

Le cerveau humain moderne s'est développé plus tard que les scientifiques ne le pensaient, bien après l'émergence du genre "Homo" et même après sa sortie du berceau africain.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°893 daté juillet et août 2021.

Pour s'aventurer hors d'Afrique, explorer de nouveaux continents, les premiers globe-trotters de la préhistoire n'ont pas eu besoin de gros cerveaux évolués, permettant de développer un langage ou des outils complexes. Une "organisation cérébrale primitive" suffi sait, selon l'anthropologue Maria Ponce de Leon, de l'université de Zurich (Suisse). C'est ce que révèle son examen high-tech de cinq crânes d'Homo erectus de Dmanisi (Géorgie), ces pionniers du Caucase, qui se sont acclimatés aux montagnes eurasiennes, il y a 1,85 million à 1,77 million d'années.

Identifier le moment précis : un véritable casse-tête

Avec des collègues suisse, français, indonésien, géorgien et américain, la chercheuse a publié en avril dans la revue Science, une analyse comparée des cerveaux de grands singes, de ceux des différents ancêtres du genre Homo et de ceux d'Homo sapiens. Elle en conclut que "l'agencement cérébral de type humain - avec des aires caractéristiques liées au langage et à la parole - n'est apparu qu'entre -1,7 et -1,5 million d'années, après la dispersion hors du berceau africain". Soit 700 000 ans à un million d'années plus tard qu'on ne le pensait ! Contrairement à une idée tenace, il n'aurait donc pas émergé en même temps que le genre Homo, il y a environ 2,5 millions d'années (lire l'encadré ci-dessous). De quoi réécrire nos manuels de préhistoire.

"Habilis", l'homme privé de parole

La nouvelle analyse écorne sérieusement l'image d'Homo habilis (-2,4 à -1,8 millions d'années environ), le premier fossile attribué à l'espèce Homo, dans les années 1960, parce que doté de mains propres à tailler des outils et d'un cerveau deux fois plus gros que celui des australopithèques (comme la célèbre Lucy) ou des grands singes. Selon elle, les H. habilis ne pouvaient sans doute pas parler, contrairement à l'hypothèse passionnément défendue (lire La Recherche, mars 1980) par le pal[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles