Comment le cerveau « mange » les connexions pour maintenir sa plasticité

Céline Deluzarche, Journaliste
·1 min de lecture

Imaginez le cerveau comme un arbre en croissance : les branches poussent dans toutes les directions et il est nécessaire de l’élaguer régulièrement afin que les branches principales puissent se développer dans les meilleures conditions. Dès l’âge de trois ans, le nombre de connexions entre les neurones (synapses) diminue ainsi au rythme de trois millions par seconde. Une armée de « jardiniers » élimine les synapses les moins pertinentes et conserve les plus importantes — comme, par exemple, celles servant à signaler un danger.

Microglies contre astrocytes : qui est le meilleur jardinier ?

Jusqu’à présent, on pensait que ce rôle d’élagage était dévolu aux microglies, déjà chargées d’éliminer les débris cellulaires des neurones endommagés (par exemple, après une blessure cérébrale). En 2011, une équipe italienne avait ainsi montré comment les microglies « engloutissent » les synapses pendant le développement postnatal chez la souris. En réduisant le nombre de microglies, les chercheurs avaient constaté que les souris avaient des synapses plus nombreuses mais moins efficaces.

Ce rôle de jardinier leur est pourtant aujourd’hui contesté par une nouvelle étude parue dans Nature. « Nous montrons ici pour la première fois que ce sont les astrocytes et non les microglies qui éliminent constamment les connexions synaptiques excitatrices, excessives et inutiles, des adultes en réponse à l'activité neuronale », explique Won-Suk Chung, chercheur au Korea Advanced Institute of Science and Technology (Kaist). Les astrocytes, ainsi nommés en raison de leur forme en étoile, forment un réseau autour des neurones, un peu comme des lianes autour d’une branche. Ils assurent de nombreuses fonctions, en particulier dans la transmission synaptique et les liaisons entre neurones (voir encadré), mais on ignorait jusqu’ici leur capacité à « manger » les synapses.

Un astrocyte (en violet) en train de phagocyter une synapse (en bleu). © Won-Suk Chung et al., Nature,...
Un astrocyte (en violet) en train de phagocyter une synapse (en bleu). © Won-Suk Chung et al., Nature,...

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