Certains virus possèdent un mystérieux « génome Z »

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Chez tous les être vivants (plantes, mammifères, invertébrés…), l’ADN est composé de la combinaison de quatre types de nucléotides, respectivement cytosine (C), thymine (T), adénine (A) et guanine (G). L’adénine se lie à la thymine et la cytosine à la guanine pour former la double hélice de l’ADN. En 1977, des scientifiques découvrent pourtant un phage, un virus mangeur de bactéries, où la base A est remplacée par la diaminopurine, notée Z, qui se lie à la thymine de la même façon. En d’autres termes, l’alphabet CTAG est remplacé par un alphabet CTZG.

Une stratégie pour résister aux attaques

Pendant des décennies, les chercheurs ont essayé de comprendre comment cette substitution était possible et pourquoi ce virus avait troqué son code génétique A pour un génome Z. Ils ont notamment émis l’hypothèse que la substitution est une forme de tactique d'évasion, rendant l'ADN du phage S-2L résistant aux protéines ciblant son ADN. L’ADN CTZG est également plus résistant aux températures élevées, et plus stable, ce qui pourrait lui permettre de résister à des conditions extrêmes et d'infecter un plus large éventail d'hôtes.

Un génome Z plus répandu qu’il n’y paraît

Mais alors que l’on pensait ce cas isolé, trois études montrent aujourd’hui que ce curieux alphabet alternatif est plus répandu qu’on ne l'estimait. Les chercheurs ont d'abord identifié deux protéines majeures impliquées dans la fabrication du nucléotide Z, nommées purZ et purB. « En recherchant dans des bases de données génomiques des séquences PurZ similaires, un ensemble diversifié de 50 à 100 génomes contenant PurZ a été identifié, principalement à partir de bactériophages, mais aussi de plusieurs archées et bactéries », atteste un article accompagnant deux des études et publié dans Science.

Les deux liaisons « classiques » de l’ADN (adénine-thymine et guanine-cytosine), et la liaison précurseur de Z-T (2-aminoadenine-thymine). Cette dernière est plus stable que A-T car elle possède trois liaisons hydrogènes...
Les deux liaisons « classiques » de l’ADN (adénine-thymine et guanine-cytosine), et la liaison précurseur de Z-T (2-aminoadenine-thymine). Cette dernière est plus stable que A-T car elle possède trois liaisons hydrogènes...

> Lire la suite sur Futura

À lire aussi sur Futura