Centrafrique: violents affrontements à Ndélé

Après quelques jours d'accalmie à Ndélé, de violents affrontements se sont déroulés dans les rues de la ville tôt mercredi matin 11 mars. Ces affrontements ont fait de nombreuses victimes et les bilans provisoires vont de 13 à 20 morts selon les sources. Des affrontements qui sont intervenus au lendemain d'une visite d'évaluation de la situation menée conjointement entre les Nations unies, l'Union africaine, le gouvernement centrafricain et un représentant du groupe armé du FPRC.

Les combats ont débuté vers 5h du matin et ont duré plus de trois heures. Ils « ont été d’une rare violence et ont fait beaucoup de victimes parmi les civils », assure la Croix-Rouge centrafricaine. Un bilan provisoire fait état d’au moins 13 personnes tuées, selon la Minusca. D’autres sources parlent de 20 morts, dont sept combattants, alors que les blessés se comptent par dizaines.

Le commissariat de police, la gendarmerie, une partie du marché de Ndélé et de nombreuses maisons ont été incendiés. Enfin, le nombre de déplacés a doublé, passant de 1 500 à 3 000 personnes, toujours selon la Minusca. Les déplacés ont trouvé refuge près de la base militaire de la Mission des Nations unies de Ndélé, où les Casques bleus assurent leur protection.

Population « terrorisée »

Les assaillants auraient été repoussés, selon l’une des deux parties, ou se sont repliés selon l’autre. La situation était revenue au calme en milieu de journée. Un calme très précaire. Des sources humanitaires parlent d’une population « terrorisée ».

Le porte-parole de la Minusca a condamné mercredi soir une attaque lancée par le branche Goula du FPRC et « met en garde » cette faction après « des violences de ce matin avec des civils qui ont été pris pour cibles et tués ». « La Minusca prendra ses responsabilités », a prévenu Vladimir Monteiro, tout en appelant les deux parties à « adhérer au protocole de résolution de crise par le dialogue proposé par les garants et les facilitateurs de l’accord de paix pour la Centrafrique », signé il y a un peu plus d’une année à Bangui.