Centrafrique: Touadéra en meeting, Bozizé dément les accusations de coup d'État

·3 min de lecture

Alors que le contexte sécuritaire se fragilise à 8 jours de l'élection centrafricaine, le président sortant a tenu un meeting à Bangui. De son côté, l'ancien chef de l'État, François Bozizé, a démenti, via son porte-parole, son implication dans les mouvements de groupes armés observés dans le pays.

Le président Touadéra a tenu son meeting malgré la crise politique et sécuritaire en cours. Lors de ce rassemblement, le président sortant a maintenu son cap et donne-rendez-vous aux électeurs le 27 décembre. Faustin-Archange Touadéra a également voulu faire passer un message : « N’ayez pas peur, a-t-il martelé, l’armée est là, la Minusca est là ». Il a également évoqué recevoir l’aide de plusieurs pays étrangers.

« On ne construit pas un pays avec des armes » a-t-il répété. Une façon de montrer qu’il ne faut pas céder à la panique alors que des mouvements d’hommes armés sont observés sur différents axes.

Le clan Bozizé dément son implication

De son côté, le porte-parole de François Bozizé a démenti auprès de RFI être l’instigateur de ces mouvements d’hommes armés, comme a dénoncé ce samedi matin, le ministre de la Communication, Ange-Maxime Kazagui.

Non, François Bozizé n’est pas dans la brousse mais bien chez lui à Bossangoa, assure Christian Guenebem, secrétaire général adjoint du KNK et porte-parole du parti. « Dire que François Bozizé s’est réfugié dans l’Ouham pour sa sécurité quoi de plus normal ? Faire le lien en l’accusant de tout non. Je dirais simplement que si dans la tête de certains de ces hommes de groupes armés il représente une alternative, ça ce n’est pas de la faute de François Bozizé. Ce sera peut-être la faute de ceux qui n’ont pas offert d’alternative crédible. »

Il dénonce les accusations visant à décrédibiliser François Bozizé.

S’il rappelle les mains tendues, les messages d’apaisement de l’ex-chef de l'État dans différents communiqués ainsi que son alliance avec le candidat Anicet Georges Dologuélé - preuve selon lui de sa volonté d’avancer dans les cadres légaux -, le ton peut aussi se faire plus ferme.

« Le risque dans cette affaire, c’est que François Bozizé soit poussé à bout. Un homme qui serait poussé dans ces derniers retranchements nous ne le souhaitons pas. Il a dit lors de sa dernière conférence de presse à Bangui suite à son agression au stade omnisport qu’il ne se laisserait plus agresser. Je crois que c’est un message suffisamment clair et que nous devons tous œuvrer dans le sens de l’apaisement dans le sens de la paix. »

Le KNK, allié au parti de l’URCA, poursuit sa campagne, alors que les élections groupées sont prévues pour la semaine prochaine.

Malgré les appels au calme qui se multiplient, la situation reste donc tendue ce samedi soir en Centrafrique, à 8 jours de la présidentielle. L’inquiétude tourne notamment autour de Mbaïki, à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Bangui. Le député local a signalé des tirs dans la journée et dit être actuellement réfugié à la Minusca avec le préfet de la région. D’autres mouvements inquiétants sont également signalés dans l’est du pays, là aussi sur différents axes menant à la capitale.