Centrafrique : les principaux groupes armés fusionnent à l'approche des élections

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Les leaders des trois principaux groupes armés ont annoncé, samedi, leur fusion et la création d'une coalition. Ils occupent la grande majorité du territoire centrafricain et mènent une offensive dans le nord et l'ouest du pays.

À l'approche des élections, les principaux groupes armés de la Centrafrique fusionnent. C'est ce qu'il ont annoncé dans un communiqué publié samedi 19 décembre.

Alors que le premier tour des élections présidentielle et législatives est prévu le 27 décembre, mais que l'opposition craint des fraudes massives, cette coalition menace désormais la capitale Bangui d'un blocus à distance.

Les membres des groupes armés décident "de fusionner tous nos mouvements en une seule entité, désignée Coalition des patriotes pour le changement (CPC), placée sous commandement unifié", écrivent-ils, invitant "tous les autres groupes armés à adhérer".

Les membres de cette coalition appellent leurs membres à "fraterniser" avec les soldats des forces régulières qui désirent les rejoindre, à "respecter scrupuleusement l'intégrité des populations civiles", et à "laisser passer librement les véhicules" des Nations unies et des humanitaires.

La Centrafrique ravagée par une guerre civile en 2013

Les Casques bleus sont "en alerte maximale" pour empêcher les groupes armés "de perturber les élections", a déclaré la Mission des Nations unies en Centrafrique (Minusca) dans un communiqué publié vendredi.

Selon des sources humanitaires et onusiennes, les groupes armés se sont emparés vendredi de plusieurs localités situées sur les axes qui desservent Bangui.

La Centrafrique a été ravagée par la guerre civile après qu'une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime du président François Bozizé en 2013. Les affrontements entre Séléka et milices chrétiennes et animistes antibalaka avaient fait des milliers de morts.

La CPC rassemble aujourd'hui des groupes issus de la Séléka et des milices antibalaka contre le régime du Président Faustin Archange Touadera.

Depuis 2018, la guerre a évolué en un conflit de basse intensité, où les groupes armés se disputent le contrôle des ressources du pays, bétail et minerai principalement, tout en perpétrant régulièrement des exactions contre les populations civiles.

Avec AFP