Centrafrique : le président Touadéra exclut du gouvernement trois leaders de groupes armés

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En Centrafrique, le président Touadéra a relevé de leurs fonctions officielles au sein du gouvernement 3 leaders de groupes armés anti-Balaka ou ex-Seleka, le 31 décembre 2020. Tous sont membres de la coalition de groupes armés lancée dans une nouvelle rébellion depuis une quinzaine de jours. Ils avaient été nommés à des postes officiels dans le gouvernement au lendemain de l’accord de Khartoum de 2019.

Avec notre correspondante à Bangui, Florence Morice

Les décrets ont été signés le 31 décembre au soir par le président Touadéra et son Premier ministre. Le premier décret relève de ses fonctions Maxim Mokom, leader de l’une des deux ailes anti-Balaka, et proche de l’ancien président François Bozize.

Il était depuis mars 2019 ministre chargé du DDRR, désarmement, démobilisation, réinsertion et rapatriement. Il avait rejoint le gouvernement dans la foulée de l’accord de paix de Khartoum qui prévoyait parmi ses mesures phares la formation d’un gouvernement inclusif.

Le second décret concerne le chef du groupe armé UPC Ali Darassa, et celui du MPC Mahamat al-Khatim. Ils étaient tous deux conseillers militaires spéciaux à la primature. Ali Darassa pour la zone Nord Est, Mahamat Al Khatim pour la Zone Centre Nord, précisément en charge des unités spéciales mixtes de sécurité.

Des unités regroupant en théorie des soldats des forces armées centrafricaines et des combattants de groupes armés. Leur création était, elle aussi, prévue par l’accord de Khartoum même si elle a tardé à se concrétiser. Albert Yaloke Mokpeme, le porte-parole de la présidence, explique que leur révocation est la conséquence de leur rôle au sein de la nouvelle rébellion qui menace de descendre sur la capitale. Ils n’exclut pas que d’autres mesures similaires puissent suivre prochainement.